Blog de dada

DevOps, bidouilleur et routard plein de logiciels libres

Google

Retours sur /e/ dans un OnePlus 5T

Rédigé par dada / 26 novembre 2018 / 15 commentaires



C'est donc un dimanche soir, vers 18h, que j'ai décidé de faire ce que j'avais quasiment juré d'arrêter : changer l'OS de mon téléphone.
Je fais partie de celles et ceux qui se sont jetés sur FirefoxOS en y croyant, puis sur Ubuntu Touch, en y croyant déjà moins. L'expérience des abandons et des échecs m'avait pourtant bien fait comprendre que les OS alternatifs sur un objet aussi important que le mobile étaient une mauvaise idée. Et pourtant. Merci Monseigneur.

/e/ ?

Ne me demandez pas comment ça se prononce. Pas la moindre idée. C'est pourtant un OS alternatif basé sur Android dont on entend souvent parler sur Mastodon. N'essayez pas de retrouver le hashtag qui va bien, le nom de l'OS ne permet pas d'en faire une pub correcte. C'est le compte de Gaël Duval qu'il faut suivre pour se tenir informé.
Pour plus d'informations, je vous redirige vers le site officiel de la fondation derrière ce projet. Il faut simplement retenir que l'OS se veut respectueux de la vie privée : ciao les Google Apps, Services et autres cochonneries installées de force dans votre mobile.

/e/ est un projet à but non lucratif, dans l’intérêt de tous. Nous concevons des systèmes d’exploitation mobile open source et des services en lignes associés, qui respectent la vie privée et les données personnelles de chacun.
Nous sommes une équipe internationale d’entrepreneurs expérimentés, de développeurs et de designers, qui s’appuie sur une communauté de contributeurs grandissante.

À quoi ça ressemble ?

 

Pas grand-chose à raconter. C'est une version propre d'Android avec un thème et un jeu d'icônes personnalisés.

Les applications par défaut

On retrouve les grands classiques bien connus des libristes :
  • K9Mail pour gérer les mails
  • Signal et Telegram pour les SMS & co
  • Chrome (Chromium ?) comme navigateur par défaut
  • Davdroid pour gérer les carnets d'adresses distants
  • Etar pour le calendrier
  • Notes pour la prise de notes
  • Tasks comme gestionnaire de tâches
  • Magic Earth pour le GPS
  • Nextcloud comme gestionnaire de fichiers
  • Open Camera pour la photo
Personnellement, je ne comprends pas le choix de Chromium. Je reste un adorateur de Mozilla, avec tous les travers que cela entraîne.
Leur navigateur vient avec une configuration particulière : il a pour moteur de recherche par défaut l'instance Searx de la /e/ Foundation.

Sous le capot

Sous le capot, on retrouve une version 8.1.0 d'Android avec les correctifs de sécurité datés du 5 novembre. En passant par la page d'installation de l'OS, on remarque que c'est effectivement une version de LineageOS remastérisée à la sauce /e/. Mastodon me raconte qu'un OS débarrassé des services Google et avec des services de synchronisation, ça existait : CyanogenMod.

Des services ?

Un mail

Si vous en faites la demande, ça n'a rien d'obligatoire, vous pouvez demander la création d'un compte en @e.email. Ce faisant, vous obtiendrez une nouvelle adresse à ajouter entre celle qui sert pour le boulot, la Gmail à spam et la Protonmail qui va bien. Une fois le compte créé, c'est sur un Rainloop que vous allez atterrir.


Sauvegarde des comptes et fichiers



J'ai l'impression qu'ils ont une instance Nextcloud sur leurs serveurs. La liste des applications permet de ne pas trop en douter. C'est une solution simple et bien supportée pour synchroniser tout le contenu important d'un téléphone moderne.

Le magasin d'applications

Là, j'ai un peu froncé les sourcils : il n'y a pas de store par défaut. Si vous en voulez un, c'est à vous d'aller le choper en passant par le navigateur. C'est une manipulation marrante : lancer le navigateur pour aller taper sur une instance Searx et enfin télécharger, disons, F-droid, c'est un truc qu'on ne fait pas souvent.

F-droid

Une fois installé à la main, F-droid ne pose pas de problème. Tout roule. J'ai installé une version complète de Nextcloud, Fennec (Firefox), Maps, Silence pour mes SMS et Tusky.

Aurora Store

C'est encore sur Mastodon qu'on m'a conseillé ce store. Aurora est un fork de Yalp. Il permet d'aller récupérer sereinement vos applications uniquement disponibles sur le Play Store de Google.  J'ai réussi à installer mes applications critiques : ProtonMail, ProtonVPN, les applications SNCF et celle de ma banque. Et ça marche. Au choix, vous pouvez vous connecter avec votre compte Google pour retrouver les applications que vous auriez achetées ou passer par leur service anonyme.

Des soucis ?

À l'installation de Tusky, le navigateur qui vient avec /e/ ne m'a pas permis d'autoriser la connexion à mon instance. J'ai dû installer Fennec depuis F-droid et le configurer comme navigateur par défaut pour y arriver.
Autant j'ai réussi à installer des applications du Play Store depuis Aurora sans problème et réussir à m'en servir, autant l'application Qobuz s'est lamentablement vautrée. Rien à faire, elle ne démarre pas. Moi qui envisageais de m'y abonner pour de bon, c'est mal barré. C'est corrigé.

Est-ce que c'est vraiment utilisable ?

OnePlus 5T

Pour le moment, pas grand-chose à signaler. /e/ fonctionne et permet de renouer avec un Android propre. Mon téléphone supporte bien la chose. Même le lecteur d'empreinte fonctionne. J'aimerais bien réussir à le configurer non pas pour qu'il lise le bout de mes doigts mais pour m'en servir comme pavé tactile. Je n'ai pas encore retrouvé l'option.
Au niveau de l'appareil photo, chose pour laquelle j'avais décidé d'acheter un OnePlus 5T, je doute qu'on retrouve le même niveau de qualité que sur OxygenOS. Par exemple, je ne retrouve pas la possibilité de passer par le zoom optique du deuxième capteur. Après, je ne m'en sers jamais. Quant à l'application Open Camera, elle semble quand même fournir une foule d'options intéressantes. N'oubliez pas d'aller régler la résolution à fond dans les options si vous vous voulez retrouver quelque chose qui se rapproche de ce que vous aviez avant.

En général

Avant de vous lancer dans l'aventure, n'oubliez pas que l'absence de Play Store va vous pénaliser d'une façon ou d'une autre. L’intégration de MicroG permet de vivoter mais n'apporte pas de miracle. Les applications sont de plus en plus dépendantes des services Google pour fonctionner. Google a réussi son coup : les développeurs ne regardent même plus ce qu'il y a dans leur SDK et ajoutent des dépendances dégueulasses à la truelle.

Gardez aussi à l'esprit que c'est un OS en version alpha, à utiliser à vos risques et périls.

Je me souviens de l'époque de FirefoxOS : nous étions beaucoup à avoir spécialement acheté les téléphones siglés pour pouvoir nous en servir. J'avais spécialement commandé le téléphone de référence des développeurs, le Flame, pour en avoir un peu plus sous le capot. Certains avaient même pris de leur temps pour aller en faire la promotion dans des grandes surfaces. Une période assez dingue quand on y repense. Le choix de /e/ loin des délires de Mozilla me rassure, un peu. La suite ? On verra.

Liens utiles :

Google, le web et le Reste

Rédigé par dada / 08 août 2018 / 11 commentaires


C'est étonnant. Parfaitement étonnant. Un nombre non négligeable de geeks libristes se servent encore et toujours de Google Chrome/Chromium. Une frange énorme de la population se sert de Google Mail. Et que dire de Google Search ? Pas grand chose. Android ? Bah.

Dans un billet intitulé "Il était une fois le web : la guerre" datant d'il y a un peu plus de 2 ans, je vous partageais une vidéo d'un gars expliquant calmement la direction dans laquelle le web se dirigeait. Il a le regard d'un bonhomme de son temps, un geek de 2016, et tout au long de sa conférence, il nous parle de Chrome comme du nouveau IE 6. Ça parait difficilement croyable quand on a vécu cette période. Les moins de 30 ans ne doivent pas être capable d'imaginer ce que c'est. Et pourtant. Allez donc voir cette conférence.

Aujourd'hui, en 2018, les statistiques de mon blog me traumatisent. Google est partout en majorité. J'ai la chance de drainer des visiteurs plus alertes que les autres : Firefox est loin, mais bien moins loin que chez les autres. Ce que je comprends ? Que personne ne s'intéresse à la diversité, à l'égalité, à l'équité. Google : ça marche, c'est efficace et c'est compatible avec tout ce qu'on peut voir.

Je lisais un article : Google a-t-il ralenti YouTube sur les navigateurs rivaux de Chrome ? On va me dire que c'est normal, que le nom complet de Youtube, c'est Google, et que rien n'empêche le propriétaire d'une plateforme d'en faire ce que bon lui semble. Pourtant, en 2018, pour profiter de Youtube, pour pouvoir nous en servir avec les mêmes droits que les utilisateurs de Google Chrome, nous devons installer une extension.

Imaginez, une seconde, qu'on vous dise que vous ne pouvez pas accéder à l'autoroute parce que votre voiture n'est pas du bon constructeur. On vous balance sur une départementale pendant que les voitures Google, autonomes ou pas, continuent tranquillement leur chemin. La seule solution qui s'offre à vous pour enfin profiter des 130km/h, c'est de passer par un garage pour modifier votre bagnole. Ça vous énerverait. La situation actuelle du web devrait vous énerver, vous faire peur.

Je vous invite à visionner la conférence de XavCC à Pas Sage en Seine de cette année :


Au delà de l'influence de Google sur le web, il y a l'influence de Google sur le loyer de votre appartement, sur l'emploi, sur le type de société, sur l'éducation et j'en passe.

Si vous ne savez pas vraiment pourquoi vous être en train de me lire à l'aide de Google Chrome, allez télécharger Mozilla Firefox.
Si vous connaissez des gens qui ne savent pas pourquoi ils utilisent Google Chrome, sortez vôtre bleu de travail pour aller leur installer Mozilla Firefox.

Redevenez des acteurs du web et plus seulement des utilisateurs.

Mozilla dépecée

Rédigé par dada / 09 février 2016 / 6 commentaires



Je parle ici de la communauté Mozilla, pas seulement de la Fondation ou de la MoCo.

Il y a des rumeurs qui courent. Les gens savent assez peu l'histoire de la vie interne de la Fondation, mais certaines personnes racontent des choses de-ci, de-là. Loin de moi l'envie de colporter des rumeurs infondées mais j'ai comme une envie de raconter ce que je sais, ce qu'on m'a dit.

Lorsque le web était étouffé par Internet Explorer de Microsoft, Mozilla est née des cendres de Netscape pour proposer un nouveau navigateur. On connaît tous l'histoire et nous sommes heureux d'en profiter.
Ce que les gens savent moins, c'est que Google était partie prenante via son financement. C’était dans l’intérêt de tout le monde. Google arrosait Mozilla pour pousser les nouveaux standards du web dans les ordinateurs du tout à chacun. Mais, un jour, Google s'est lancé dans l'aventure avec Chrome. Les technologies étaient là et la notoriété de l'entreprise de Mountain View n’était plus à faire. Dans les jours qui ont suivi l'annonce officielle de Chrome, certaines rumeurs parlent même du lendemain, la Fondation Mozilla a vu ses développeurs foutre le camp pour se poser dans les bureaux de Google. On ne parle pas de nombre, mais nul doute que c’était suffisant pour faire serrer des dents. Chrome venait de siffler une bonne partie des effectifs chargés de développer Firefox.

Il y a quelques jours, on apprenait l'abandon de FirefoxOS. Tristement. On se sent encore frustré, touché par une trahison. On touchait du doigt un début d'alternative aux OS emmerdants que nous refusons d'utiliser. On était fier de pouvoir se servir d'autre chose, loin de iOS et d'Android, même s'il restait du travail à faire. Quand on aime, qu'on est enthousiaste, on passe sur les petits bogues et les finitions douteuses.
Ce qu'on sait moins, c'est qu'une quarantaine, 40, de développeurs de FirefoxOS avait quitté le navire pour rejoindre une startup et développer un fork au doux nom de H50S. Là, je peux vous sortir des sources. Une histoire de gros sous et de gros morceaux de Mozilla : des développeurs et des gros patrons.

Ce sont deux histoires différentes, à des époques bien différentes, mais elles ont en commun une chose : dépecer Mozilla et le travail de sa communauté pour le bénéfice d'autrui. Je m'avance peut-être, mais ces deux anecdotes laissent un goût amer. Au choix, on se dira que l'ambiance de travail était à chier, ou que les idées étaient à choper, quitte à ébranler sérieusement et froidement le processus déjà fragile qui nous offre des alternatives. Je ne blâme personne, tout le monde fait ses propres choix. Je constate juste que la vie de la Fondation ne doit pas toujours être une partie de plaisir et que les jugements, les commentaires et les articles qui paraissent depuis quelques jours n'aident pas à trouver une solution à un problème classique : garder les idées et les cerveaux.

[Film] Ex Machina

Rédigé par dada / 16 mai 2015 / 5 commentaires


Parler cinéma, c'est un truc que je ne fais pas souvent, la faute à la ligne éditoriale de ce blog : du libre, de l'open-source et tout ce qui peut s'y rattacher. Mais bon, j'ai souvent envie de parler d'autre chose, alors voilà : Ex Machina !



Ce film nous parle d'intelligence artificielle, d'humain, de sentiments. Il est vraiment troublant. L'histoire tourne autour d'un milliardaire propriétaire d'un moteur de recherche qu'il utilise pour créer une IA incroyable et un de ses employés chargé de lui faire passer le test de Turing.

Pas de spoil ici, je vous encourage simplement à le regarder ! Pensez à faire le rapprochement avec Google et ses nombreux rachats dans le domaine de la robotique, ça donne le vertige.

Google+ démantelé !

Rédigé par dada / 03 mars 2015 / 8 commentaires




Oh, le vilain titre racoleur. Je sais. Le fond est cependant là : le réseau social de Google va être scindé en deux, ce qui se rapproche de la définition du Larousse à propos du démantèlement.
Les utilisateurs vont donc se retrouver avec Photos et Streams. Il parait que Photos servira à partager des photos et Streams de l’actualité. La solution ultime des ingénieurs de Google pour récupérer un réseau social mort est donc de créer Flickr et Twitter. Youpi.

On savait déjà que G+ n’était pas un réseau social très en vue malgré les tentatives discrètes de Mountain View pour l'imposer :
  • Un compte était obligatoire pour commenter des vidéos Youtube.
  • Son référencement était mieux traité lorsqu'un compte G+ y était rattaché.
  • Une adresse Gmail était automatiquement associée à un compte G+.
Bref, des méthodes douces, comme je le disais.

Maintenant, si vous étiez utilisateur de ce réseau, que pouvez-vous faire ? J'y vais franco : tentez l'aventure diaspora* ! Je sais déjà que certains et certaines vont lever les yeux au ciel, mais force est de constater que ce réseau reste vivant, actif, fidèle à des valeurs saines, et d'une stabilité exemplaire.

Si l'envie vous dit, vous pouvez vous lancer dans l’expérience via le pod (point d’accès) de l'association Framasoft ou celui que je gère avec l'ami Augier. Pour ce dernier, laissez un commentaire et je vous ferais un compte.