Blog de dada

DevOps, bidouilleur et routard plein de logiciels libres

Édito

Rapport d'incident : j'ai cassé diaspodon.fr

Rédigé par dada / 08 mars 2022 / Aucun commentaire


Il y a des jours où la confiance vous embarque bêtement.

Fin février, je me lançais dans la mise à niveau de l'intégralité de l'infrastructure qui propulse les différents services que j'ai sous ma responsabilité : des instances Mobilizon, Peertube, Pixelfed et Mastodon. Une mise à niveau, c'est quand on passe d'une version majeure à une autre d'un système d'exploitation. Ce n'est jamais anodin (update != upgrade).

Étape 1 - 27 février 2022 - 15h45

Après avoir testé avec succès ces mises à niveau sur des serveurs de moindre importance, plein de confiance, je finis par couper diaspodon.fr pour m'en occuper. D'abord, un dump de la base de données PostgreSQL 9.6 puis un snapshot complet des volumes et, hop, la mise à niveau.

Étape 2 - 27 février 2022 - 16h30

Une fois la mise à niveau terminée sans problème, je relance le serveur, teste un ou deux trucs et retourne vaquer à mes occupations passionnantes du moment (coucou TWW3).

Étape 3 - 4 mars 2022 environ

Une semaine plus tard, Greenman me signale qu'on ne peut plus correctement le mentionner (le fameux @ + pseudo). Pas grave, me dis-je, c'est le seul avec ce souci. 48h plus tard, après un week-end chargé, je suis réveillé par des SMS des copains qui signalent tous une inactivité bizarre depuis au moins 9h. C'est cassé.

Étape 4 - 7 mars 2022 - 10h ~ 12h

La documentation était pourtant claire : à la fin de la mise à niveau (cf Étape 1), il fallait impérativement mettre à jour les index des bases de données pour éviter le cauchemar absolu : les duplicated entries. Chose que je n'ai pas faite sans sourciller. Devinez quoi ? J'ai du en virer, de ces cochonneries. Merci encore à Luc pour son aide formidable. Une fois corrigé à la main les dizaines de duplicate, je passe à la mise à jour qui fini par passer.
La tant attendue et redoutée mise à niveau de PostgreSQL 9.6 à PostgreSQL 13 est correctement finalisée. Il était temps.

Étape 5 - 7 mars 2022 - 12h ~ 13h

J'ai l'impression de voir le bout du tunnel quand, finalement, non. Sidekiq, outil nécessaire au fonctionnement de Mastodon, refuse de redémarrer.
Il s'avère, chers ami-e-s, que Debian 11 n'est pas complètement compatible avec la configuration officielle de Mastodon. Cette version de Debian n'a plus les bonnes dépendances pour faire tourner jemalloc, bidule connu des admin d'instance Mastodon pour contrôler la consommation en mémoire du logiciel. Quand, le 28 février, j'ai nettoyé les vieux paquets « inutilisés », j'ai cassé une deuxième fois l'instance.

Une fois compris, j'ai réinstallé les dépendances Ruby de Mastodon en virant l'option  RUBY_CONFIGURE_OPTS=--with-jemalloc et l’occurrence dans la configuration du service systemd de sidekiq.

Étape 6 - 7 mars 2022 - 13h15

Une conclusion

Lisez la doc, ou Luc, bordel !

Les lanceurs d'alertes et la crise du COVID-19

Rédigé par dada / 29 janvier 2021 / Aucun commentaire


Ne partez pas !

Cette cochonnerie fait suer tout le monde depuis longtemps, je le sais bien. Ceci-dit, j'étais passé à côté de pas mal de discours qu'on peut rencontrer ici et là sur les réseaux commerciaux. Je vous propose une vidéo pour rattraper le temps perdu.

Épatant, non ?

Je suis subjugué par le coup de la résonance quand on passe de 6 à 7 personnes et par la technique du prophète qui, pour être un bon prophète, doit se tromper : jolie pirouette !

Je vous invite chaleureusement à vous abonner à la chaîne de l'Extracteur (PeeTube|Youtube) et à venir prendre l'air dans le Fediverse.

Des bisous

Birdwatch ou l'illusionisme

Rédigé par dada / 26 janvier 2021 / 3 commentaires


J'apprends la création de Birdwatch par Twitter. Il s'agirait d'un outil communautaire permettant d'améliorer grandement la lutte contre l'intox, ou les «fake news» comme on dit maintenant.

J'entends déjà les gens dire que c'est top : un outil communautaire, ça sonne bien. On dirait un truc à la Wikipédia ou à la sauce logiciel libre. Vous voyez, ces endroits dans lequel le jus de cerveau collectif permet, globalement, de lutter contre la bêtise.

Oui, mais non

On ne peut pas lutter à contre-courant d'un modèle économique. Il faut bien se mettre ça dans le crane une bonne fois pour toutes. Si vous voulez lutter contre l'intox ambiante, faut lutter contre les mécanismes qui la déclenchent.

L'argent que se fait Twitter provient de la pub que vous gobez benoîtement en traînant sur votre flux d'activité. Ce flux est alimenté par des tweets provocants, clivants, haineux, vulgaires, etc, pour vous appâter.

En vrai, Twitter s'en contrefout de la véracité d'une information ou de sa dangerosité. Trump a déblatéré des conneries pendant plus de 4 ans, des appels à la haine sont légions.

Je suis prêt à parier que Birdwatch va fonctionner suffisamment bien pour faire parler de lui de temps en temps. Sauf que rien ne nous prouvera qu'il sera affiché sur tous les tweets scandaleux qui pullulent sur cette plateforme commerciale.
Vous avez entendu parler du phénomène de bulle ? Qui pourra participer à la lutte contre l'intox si sa bulle l'empêche de militer ? Le bon vouloir de Twitter Inc.
Je vois déjà la communication de réseau se protéger en se fendant de billets blog pour expliquer qu'ils vont renforcer les équipes, trouver des gens dans toutes les langues et faire des retours d'expérience internes. Hop, scandale écarté.

Fuyez, pauvres fous

Il faut fuir. Celles et ceux qui vous disent que c'est impossible doivent encore se servir de MSN pour discuter et continuent de publier sur leur Skyblog ou Myspace.
Si tout changer est un problème ? Bien sur. Un problème on ne peut plus important est de n'alimenter que ce réseau. Et non, Facebook n'est pas plus viable.

Prenez le temps d'aller chercher votre CHATONS. Il vous proposera un compte dans le Fédiverse et peut-être même un espace PeerTube.

Prenez le temps de vivre sans algorithme issue de l'Économie de la surveillance pendant quelques temps.

On n'est pas rendu

Rédigé par dada / 14 janvier 2021 / 7 commentaires


Non, on n'est clairement pas rendu.

En ce début d'année 2021, le moins qu'on puisse dire, c'est que le numérique à la con continue de faire des siennes : Twitter, Facebook, YouTube et les vieux de la veille que j'oublie.

Je vais vous étonner : je suis persuadé que les choses ne vont absolument pas changer.

Twitter

On retrouve toujours le même microcosme sur Twitter, qui hurle contre Twitter sur Twitter quand Twitter modère tout en en profitant pour perfectionner son personnal branding sur Twitter.
Comment voulez-vous que les choses évoluent si les gens ne prennent pas en compte que le canal de communication qu'ils abreuvent n'est pas leur ami ?
Ici et là, on s'amuse à lire que Twitter est une plateforme inévitable pour s'en sortir dans la vie. J'ai retrouvé une info d'il y a seulement 5 ans qui nous rappelle que Twitter était mourant, y'a 5 ans. On parle d'une entreprise, crée en 2006, qui était au bord du gouffre en 2015.

Facebook

L'affaire WhatsApp est rigolote.
On se retrouve avec des utilisateurs de WhatsApp qui se rendent compte, encore une fois, que le modèle économique de Facebook Inc., le nom complet de WhatsApp, consiste à relier, croiser, analyser toutes les données possibles et imaginables de ses utilisateurs. C'est dingue. Vraiment. On en apprend tous les jours. Tristement, c'est sur Twitter qu'un milliardaire, qui pond des bagnoles dont les
batteries sont des horreurs écologiques, lança un mouvement de foule vers Signal. Signal dont le système est hébergé aux États-Unis, soumis au droit étasunien, et tout le tralala. On va rire.

YouTube

Alphabet, la maison-mère de YouTube, se donne le droit d'afficher de la réclame devant les vidéos de créateurs sans leurs accords, s'en mettant plein les poches sur le dos des gens qui font des trucs chouettes, ou moins chouettes.
Vous vous attendiez à quoi avec l'apparition des uTip, des Tipeee, des sponsos, etc ? Google ou Alphabet, ou YouTube ont un modèle économique fragile à tenir : il faut que l'argent rentre et toujours plus de croissance. Ils vous pompent votre argent et quand vous trouvez des alternatives financières, ils se rebiffent.

Amazon

Les progrès de la robotique s'annoncent épatant tout comme la tête des maires qui verront les entrepôts pourvoyeurs de milliers d'emplois se remplir de robots et se vider d'humains. Ils auront achevé leurs commerçants et leurs régions avec une simple signature sur un bout de papier.

Perso, je fatigue

Il existe une palanquée de gens qui s'organisent pour créer des outils permettant d'éviter toutes les emmerdes citées plus haut. Des outils pour contribuer au vivre ensemble et pas vider le plus possible les poches du voisin.

Pourtant, ça n'avance pas, pour seulement quelques raisons :

- Nos outils ne vous permettent pas de briller en société. Non, vous ne pourrez pas raconter le dernier ramdam dont vous êtes le héros ou la fois où vous avez trouvé le hashtag qui va bien et qui trend.
- Nos outils ne vous rapportent pas d'argent. Pire, ça vous coûtera de l'argent.
- Nos outils ne sont pas faciles d'accès. Non, malgré nos lettres à Poudlard, appréhender des outils, ça demande du temps et de la patience.
- Oui, vous allez partir. Notre modèle économique inexistant n'aidant pas, nous n'avons pas l’obligation impérieuse de vous captiver, de vous noyer devant des conneries. Du coup, vous partez. Et c'est très bien comme ça.

2021 ne s'annonce pas fameuse. Je pense que le temps joue contre moi : c'est l'année des 10 ans de ce nom de domaine. Je fatigue.


Bref. Des bisous quand-même.

Twitter, mon amour

Rédigé par dada / 18 octobre 2019 / 5 commentaires


En grand fan d'Arrêt sur Images, je n'ai pas raté la chronique de Daniel Schneidermann annonçant, heureux comme tout, qu'il avait décidé d'intégrer son flux Twitter à la page d'accueil de son site. L'utilisation du pronom possessif de cette première phrase est importante : on parle bien de son site. Il fait ce qu'il veut chez lui.
Chez moi, cette annonce m'a glacé le sang. Même si je sais très bien que c'est un accro de l'oiseau bleu et qu'il s'en sert pour nous fournir des articles critiques fabuleux, je ne peux m'empêcher d'être déçu.

@SI, comme on dit, est d'une qualité remarquable. J'adore tout y lire pour comprendre comment le monde tourne en décortiquant le traitement des sujets à la télévision, à la radio et sur les réseaux sociaux. Ceci-dit, je ne veux pas voir ces réseaux sociaux. Ils m'exaspèrent, me rendent furieux, me traumatisent. En lire les critiques en bien ou en mal, c'est ce que je viens chercher chez @SI. Les lire brutalement, sans recul : non. Pourquoi ? Parce que je sais très bien que ces sites sont calibrés pour me rentrer dans le crâne, pour me faire perdre mes repères et ma capacité critique : je ne suis pas taillé pour lutter contre leurs effets et c'est pour ça que j'ai décidé de les fuir.

En les fuyant, j'ai d'abord trouvé refuge sur diaspora* mais c'est sur Mastodon que je me sens le mieux. Ça va faire deux ans que je gère mon instance et que j'y traîne très régulièrement. Ce réseau n'est pas taillé pour me rentrer dans le crâne. Là-bas, rien n'est fait pour anesthésier ma fragile pensée critique et mon recul. Les infos circulent librement, les gens débattent, les points de vues se croisent : on y est bien malgré les seulement quelques millions d'utilisateurs à l'échelle de la planète.

Depuis quelques semaines, pourtant, j'ai le sentiment que nous sommes en train de perdre. Nous, les utilisateurs de Mastodon, n'avons pas réussi à clairement expliquer ce que nous y cherchions. Je me permets de dire ça en ayant un œil sur la timeline publique. Qu'est-ce que j'y vois ? Des messages provenant de Twitter.

Une quantité non négligeable de messages calibrés pour Twitter que des utilisateurs de Mastodon peu scrupuleux nous glissent sous les yeux.

Bien sur, ils ne sont pas triés par les algorithmes du géant américain avant de venir se caler sous nos yeux. Ça n'est pas possible. Par contre, ils sont calibrés, taillés, rédigés, construits pour bénéficier de cet algo magique dont seul Twitter a le secret. Et ça, pour moi, c'est non.


Je ne peux pas m'empêcher de vous refourguer cette vidéo de Datagueule. Elle nous rappelle le ciblage efficace des citoyens par le politique à travers des outils numériques. Tout le monde s'en sert, pas que les politiques. Ces derniers veulent simplement vous connaître pour mieux récupérer votre bulletin de vote. C'est le jeu, dirons-nous.
Par contre, avec l'aide des grandes plateformes, ils sont capable de vous retourner le cerveau avec une précision terrifiante. Quand les GAFAM s'amusent à récolter des données, c'est souvent pour les revendre à des statisticiens, qui feront des courbes, dégageront des tendances et refileront tout ça à ceux que ça intéresse : les producteurs de films, de musiques, des publicitaires, les constructeurs automobiles et, vous le devinez : les politiques.

Une discussion avec mon frère m'a fait comprendre que les gens restent persuadés d'avoir le contrôle sur ce qu'ils déballent dans l'Internet. J'ai mis du temps avant de comprendre qu'il ne pouvait tout simplement pas imaginer que Twitter, Facebook, Google et les autres ne peuvent être utilisés sereinement. C'est impossible. Vous ne pouvez pas avoir un usage serein des anciens réseaux sociaux tout comme vous ne pouvez pas voler avec une voiture. Ce n'est pas fait pour. Que vous le vouliez ou non, d'autres personnes que vous ont décidé de leur fonctionnement.

Twitter a permis l'émergence de choses fabuleuses : que ce soit le mouvement Metoo, les violences policières, les révolutions arabes et tous ces autres événements sociétaux passionnants dont les noms m'échappent. Malgré ça, j'ai besoin de calme et d'un traitement de fond comme sont capables de m'offrir les articles d'@SI ou des Jours.
La boite noire Twitter fait émerger des sujets puis les enterre. C'est son fonctionnement. C'est comme ça. Tant pis pour la diffusion de l'analyse de fond. Il faut renouveler l'engagement du twittos alors on met en avant ce qui provoque le plus de réactions sanguines, impulsives.

Il existe des vidéastes qui en jouent très bien, comme le patron de la chaîne Astronogeek. Il utilise des titres provocateurs pour sortir la tête de l'eau de Youtube et ça semble marcher. Il le fait d'une façon intelligente et de nombreux témoignages remercient ses coups de pubs sur le dos de l'algo de Youtube. M'enfin, à l'échelle de Youtube, cette intelligence ne pèse malheureusement pas grand chose.

C'est la masse des gens soumis à ces réseaux qui, je le crois, cassent en partie le fonctionnement de notre société. Ce n'est pas jouer au vieux con que de dire ça : il devient difficile de ne plus trouver d'article de presse en ligne populaire n'affichant pas le contenu d'un tweet ou d'un poste Instagram dans son corps. Ces réseaux deviennent le point de départ de sujet qui vous passeront sous les yeux et alimenteront les discussions autour de la machine à café. On est tous touchés par ces monstres, qu'on y ait un compte ou pas. Ils influencent massivement le débat public à cause de leurs utilisateurs. Ils déforment ce débat. Un sujet qui apparaît à la une de la presse en ligne, provenant d'un tweet, est affuté pour sortir la tête de l'eau de l'océan Twitter. Il est déjà sélectionné de par son respect des règles. C'est trop tard.

Je ne veux pas de ça sur Mastodon. Je veux que vous veniez débattre, échanger, râler mais je ne veux surtout pas du mode du fonctionnant d'un Twitter sous mes yeux. Si vous venez nous rejoindre, gardez ça a l'esprit et ne cherchez pas à devenir celui ou celle qui buzzera avec le bon mot. Devenez un passeur de connaissances, actif, c'est déjà énorme.

Ne vous méprenez pas : Les réseaux neutres comme Mastodon ne sont pas la solution à tous les problèmes qui traversent notre société. Ils sont simplement là pour vous rappeler que vous pouvez vous enfermer tout seul, sans l'aide de personne ni d'algos, comme un grand, dans votre bulle et l'assumer.

Des bisous