Blog de dada

DevOps, bidouilleur et routard plein de logiciels libres

Chrome

Google, le web et le Reste

Rédigé par dada / 08 août 2018 / 10 commentaires


C'est étonnant. Parfaitement étonnant. Un nombre non négligeable de geeks libristes se servent encore et toujours de Google Chrome/Chromium. Une frange énorme de la population se sert de Google Mail. Et que dire de Google Search ? Pas grand chose. Android ? Bah.

Dans un billet intitulé "Il était une fois le web : la guerre" datant d'il y a un peu plus de 2 ans, je vous partageais une vidéo d'un gars expliquant calmement la direction dans laquelle le web se dirigeait. Il a le regard d'un bonhomme de son temps, un geek de 2016, et tout au long de sa conférence, il nous parle de Chrome comme du nouveau IE 6. Ça parait difficilement croyable quand on a vécu cette période. Les moins de 30 ans ne doivent pas être capable d'imaginer ce que c'est. Et pourtant. Allez donc voir cette conférence.

Aujourd'hui, en 2018, les statistiques de mon blog me traumatisent. Google est partout en majorité. J'ai la chance de drainer des visiteurs plus alertes que les autres : Firefox est loin, mais bien moins loin que chez les autres. Ce que je comprends ? Que personne ne s'intéresse à la diversité, à l'égalité, à l'équité. Google : ça marche, c'est efficace et c'est compatible avec tout ce qu'on peut voir.

Je lisais un article : Google a-t-il ralenti YouTube sur les navigateurs rivaux de Chrome ? On va me dire que c'est normal, que le nom complet de Youtube, c'est Google, et que rien n'empêche le propriétaire d'une plateforme d'en faire ce que bon lui semble. Pourtant, en 2018, pour profiter de Youtube, pour pouvoir nous en servir avec les mêmes droits que les utilisateurs de Google Chrome, nous devons installer une extension.

Imaginez, une seconde, qu'on vous dise que vous ne pouvez pas accéder à l'autoroute parce que votre voiture n'est pas du bon constructeur. On vous balance sur une départementale pendant que les voitures Google, autonomes ou pas, continuent tranquillement leur chemin. La seule solution qui s'offre à vous pour enfin profiter des 130km/h, c'est de passer par un garage pour modifier votre bagnole. Ça vous énerverait. La situation actuelle du web devrait vous énerver, vous faire peur.

Je vous invite à visionner la conférence de XavCC à Pas Sage en Seine de cette année :


Au delà de l'influence de Google sur le web, il y a l'influence de Google sur le loyer de votre appartement, sur l'emploi, sur le type de société, sur l'éducation et j'en passe.

Si vous ne savez pas vraiment pourquoi vous être en train de me lire à l'aide de Google Chrome, allez télécharger Mozilla Firefox.
Si vous connaissez des gens qui ne savent pas pourquoi ils utilisent Google Chrome, sortez vôtre bleu de travail pour aller leur installer Mozilla Firefox.

Redevenez des acteurs du web et plus seulement des utilisateurs.

Update d’août

Rédigé par dada / 09 août 2016 / 8 commentaires




Le mois d’août, ses magasins fermés, ses rues désertes et ses rares choses à se mettre sous la dent. Tout un programme !

Même la Capitale se met au ralenti en ce moment, au même rythme que le logiciel libre et ses utilisateurs. Ces 3 dernières semaines, je traîne pas mal dans les rues de Paris en me lamentant de voir mes commerces et bars habituels le rideau baissé. #Tristitude.
Du coup, comme je ne m’éternise pas chez moi mais que je ne pars pas très loin non plus, je n'ai même pas fait le tour de l'OTA 12 de mon Aquaris M10. Pas de vie nomade, pas d’intérêt. Pourtant, il parait qu'ils ont corrigé des bugs sympas. Je vous dirais ça la semaine prochaine après le long week-end du 15 août.
FreshRSS a cependant pris le temps de recevoir une nouvelle version, la 1.4.0 avec la flopée de mises à jour traditionnelles et quelques corrections de bugs. Perso, je trouve l'application largement suffisante. Comme je suis maintenant sous Android avec mon Fairphone 2, je dois dire que je lorgne vers une application mobile supportant mon instance, mais bon, ça serait vraiment un bonus. Mon passage sous FirefoxOS m'a clairement fait comprendre qu'on peut tout faire avec Firefox, le navigateur.

Dans les trucs un peu plus admin, j'ai passé diaspote.org et mon serveur perso sous MariaDB 10, y'a un bout de temps maintenant. La différence n'est pas flagrante pour le pod diaspora*, mais c'est le jour et la nuit au niveau de Sonerezh. Là où MySQL faisait crouler le serveur, MariaDB ne sent absolument rien, mais rien. Merci les dev !

Je dois en oublier, un peu comme les màj de Nextcloud, le fork d'ownCloud qui vous veut du bien. Je viens très honnêtement de les faire, des jours et des jours après leurs sorties. Honte à moi. Si j'avais su plus tôt que ça corrigerait mon problème de la synchro de mes notes dans MyOwnNotes...

Je pourrais parler de Firefox mais le comportement des gens à son sujet me fait devenir Aquoiboniste . Les développeurs/admins/etc ne jurent plus que par Google Chrome pour des raisons qui ne m'en bouge pas une. Rajouter à ça que Firefox passe pour un truc de vieux cons, ou presque. Firefox pourrait clairement avoir sa place dans le Bloqués #108. Genre : tu te rends compte que pour les jeunes, Firefox c'est comme Nescape pour nous. Re #Tristitude.

Bon, je crois que c'est bon. Il parait qu'il reste des blogueurs à lire qui ne font pas que de la philosophie de comptoir, en plein air, le comptoir, parce que c'est l’été. Je retourne vadrouiller entre quelques épisodes du bon vieux Dr House. J'ai d'ailleurs réussi à trouver des superbes scones non loin de chez moi, avec une boulangerie espagnole portugaise juste à deux pas pour enchaîner sur des pasteis de nata (photo du billet, crédits Wikipedia). Le rêve, à déguster en bon bobo au bord du Canal Saint Martin libéré de ses tentes.

Bonne tranquillité par chez vous !

Mozilla dépecée

Rédigé par dada / 09 février 2016 / 6 commentaires



Je parle ici de la communauté Mozilla, pas seulement de la Fondation ou de la MoCo.

Il y a des rumeurs qui courent. Les gens savent assez peu l'histoire de la vie interne de la Fondation, mais certaines personnes racontent des choses de-ci, de-là. Loin de moi l'envie de colporter des rumeurs infondées mais j'ai comme une envie de raconter ce que je sais, ce qu'on m'a dit.

Lorsque le web était étouffé par Internet Explorer de Microsoft, Mozilla est née des cendres de Netscape pour proposer un nouveau navigateur. On connaît tous l'histoire et nous sommes heureux d'en profiter.
Ce que les gens savent moins, c'est que Google était partie prenante via son financement. C’était dans l’intérêt de tout le monde. Google arrosait Mozilla pour pousser les nouveaux standards du web dans les ordinateurs du tout à chacun. Mais, un jour, Google s'est lancé dans l'aventure avec Chrome. Les technologies étaient là et la notoriété de l'entreprise de Mountain View n’était plus à faire. Dans les jours qui ont suivi l'annonce officielle de Chrome, certaines rumeurs parlent même du lendemain, la Fondation Mozilla a vu ses développeurs foutre le camp pour se poser dans les bureaux de Google. On ne parle pas de nombre, mais nul doute que c’était suffisant pour faire serrer des dents. Chrome venait de siffler une bonne partie des effectifs chargés de développer Firefox.

Il y a quelques jours, on apprenait l'abandon de FirefoxOS. Tristement. On se sent encore frustré, touché par une trahison. On touchait du doigt un début d'alternative aux OS emmerdants que nous refusons d'utiliser. On était fier de pouvoir se servir d'autre chose, loin de iOS et d'Android, même s'il restait du travail à faire. Quand on aime, qu'on est enthousiaste, on passe sur les petits bogues et les finitions douteuses.
Ce qu'on sait moins, c'est qu'une quarantaine, 40, de développeurs de FirefoxOS avait quitté le navire pour rejoindre une startup et développer un fork au doux nom de H50S. Là, je peux vous sortir des sources. Une histoire de gros sous et de gros morceaux de Mozilla : des développeurs et des gros patrons.

Ce sont deux histoires différentes, à des époques bien différentes, mais elles ont en commun une chose : dépecer Mozilla et le travail de sa communauté pour le bénéfice d'autrui. Je m'avance peut-être, mais ces deux anecdotes laissent un goût amer. Au choix, on se dira que l'ambiance de travail était à chier, ou que les idées étaient à choper, quitte à ébranler sérieusement et froidement le processus déjà fragile qui nous offre des alternatives. Je ne blâme personne, tout le monde fait ses propres choix. Je constate juste que la vie de la Fondation ne doit pas toujours être une partie de plaisir et que les jugements, les commentaires et les articles qui paraissent depuis quelques jours n'aident pas à trouver une solution à un problème classique : garder les idées et les cerveaux.

Vivaldi téléchargé 400 000 fois...

Rédigé par dada / 16 février 2015 / 4 commentaires

Since last Tuesday, more than 400,000 of you have downloaded Vivaldi. That's more people than live in my native country of Iceland – and almost as many sheep. It's an amazing result for a technical preview of a browser. This has been a great start, but it is only the beginning. Many more out there want a browser built for their way of using the web.

Voilà ce qu'on peut lire sur cet article de Phoronix à propos de la sortie du petit dernier des créateurs d’Opera. J'aimerais bien pouvoir me réjouir de la sortie d'un nouveau navigateur, mais je ne peux pas.

Si on fait un bilan rapide des butineurs connus qui nous font profiter du web, nous avons :
  • Chrome
  • Firefox
  • Opera
  • Vivaldi
  • Internet Explorer
  • Safari
Si on s’intéresse aux moteurs de rendu seulement :
  • Webkit (Chrome, Opera, Vivaldi, Safari)
  • Gecko (Firefox)
  • Trident (IE)
Couplez à ça les parts de marché des navigateurs pour ordinateurs et appareils mobiles : le constat est clair. On est loin de la diversité affichée par les noms des navigateurs.

Google s'est bien débrouillé : son moteur se retrouve presque partout. La situation n'est pas aussi catastrophique qu'à l’époque ou IE dominait le web, mais il faut quand même s’alarmer. Je ne vais pas rater une occasion de passer pour un parano, mais qu'est-ce qui va empêcher Google et les autres de forcer des implémentations dégueulasses dans notre web ? Si on prend l'exemple des DRM, on peut répondre : rien.

On va pouvoir me dire qu'une petite mode existe : certains reviennent à Firefox, mais ce n'est pas suffisant et ça n’empêchera pas Webkit et Google d'imposer des cochonneries.

Notez que Webkit sort des bureaux de KDE, ce qui rend la situation aussi amère.