Blog de dada

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Android

/e/ sur mon 5T, une semaine plus tard

Rédigé par dada / 03 décembre 2018 / 6 commentaires

Je vais vous étonner. Vraiment. Après une semaine d'utilisation, je peux affirmer que /e/, ça marche.

Si vous avez la bonne idée de me suivre, ici , dans le web 3.0, vous savez que j'ai régulièrement écrit autour de mes aventures avec cette version d'Android un peu spéciale. Je vais y revenir dans ce billet avec plus d'images et des phrases un peu plus longues.

Une version d'Android connectée

Je n'ai jamais lu le site officiel en long, en large et en travers. Jamais. Tout ce que j'ai découvert cette semaine ne provient que de mes tâtonnements. Dans mon précédent billet, je soupçonnais /e/ d'utiliser un Nextcloud pour balancer l'intégralité du contenu important du téléphone dans les nuages. C'est maintenant vérifié. Il suffisait que je me rende sur https://ecloud.global pour le confirmer.


Ça ne saute pas tout de suite aux yeux alors je suis allé voir dans les sources de la page : à l'heure où j'écris ces lignes, Ecloud tourne avec un Nextcloud 14.0.3. Pour info, la dernière version stable de NC est là 14.0.4 et elle est sortie la semaine dernière. Ils ne sont pas encore à jour mais rien d'alarmant.

Voici les données nativement balancées dans l'instance Nextcloud :


On appréciera, ou pas, de voir tout ça partir sur les serveurs de la Fondation, mais c'est là et ça facilitera la vie de celles et ceux qui ne veulent pas maintenir un serveur faisant tourner un Nextcloud.

Autre point important : l'infrastructure utilisée est celle d'OVH, loin des GAFAM. Ça me paraissait évident mais le vérifier rassure toujours.

C'est là, mais pas vraiment

Maintenant que vous savez ce qu'il y a derrière les comptes /e/, je vais vous déconseiller de vous en servir pour le moment. Ça n'est pas à cause des seulement 50 Mo disponibles, c'est parce que la synchro ne semble jamais s’arrêter.

J'étais, depuis quelques heures, loin d'une connexion wifi amicale quand je me suis rendu compte que ma batterie foutait le camp. Si vous avez aussi un téléphone de la marque OnePlus, appréciez cette capture d'écran :


65% de batterie pour moins de 10 heures d'autonomie, on est bien loin des presque 3 nuits et 2 jours d'autonomie observable en temps normal. L'explication ? J'en sais trop rien encore. La synchro semble déconner et passe son temps à uploader des trucs. Comme c'est géré par l'application Nextcloud qu'on sait être ultra gourmande : ça massacre la batterie.

En vrac

- L'alerte sur la consommation de data fonctionne. Ma mésaventure avec mon compte /e/ a fait sonner l'alarme après la disparition de 2 Go de datas dans la nature.
- J'ai découvert que /e/ respectait la configuration par défaut de Silence. Le mode incognito m'a d'abord fait penser à un bug avant qu'on me confirme qu'il s'agit de quelque chose d'absolument normal.
- Je n'ai pas réussi à remettre en place les raccourcis Firefox sur le bureau. J'avais l'habitude d'en faire pour Pixelfed, Peertube et Prismo. L'option est grisée, ce qui me fait penser à un souci de permission.
- Les quelques applications issues du magasin d'application de Google fonctionnent. MicroG s'en sort bien pour moi. En parlant de ça, Aurora Store est vraiment super !
- Le développement est bien actif : on a le droit à 850 Mo d'OTA tous les deux jours, environ. Les changelogs sont disponibles par ici.
- J'ai toujours pas retrouvé comment me servir du lecteur d’empreinte pour scroller. Arg.

Pourquoi ne pas améliorer LineageOS ?

En parlant de /e/ sur Mastodon, je me suis rendu compte qu'il y avait des controverses au sujet de cet OS.

Le grand chef de cette aventure est connu pour avoir créé Mandrake, un fork de Red Hat à l'époque où ce dernier avait une interface franchement Meh. Les plus anciens se souviendront de cette envie qui marqua l'histoire de Linux en France. Il semble à nouveau tenter le coup, avec Android ce coup-ci. Trier ce qu'il y a de primordial pour l’utilisateur, c'est franchement une bonne idée. Les gens ne veulent pas plus savoir comment fonctionnent leur téléphone que leur PC.

Nous savons tous que Ubuntu se base outrageusement sur Debian pour faire son beurre. Il a fallu un peu de temps pour que la valeur ajoutée produite par Ubuntu redescende dans Debian. Ça a coincé un temps, mais c'est bon maintenant. Aussi, plus grand monde ne peste contre Mint qui pompe sur Ubuntu qui pompe sur Debian. Est-ce que /e/ et LineageOS ne pourraient pas se retrouver aussi dans un jeu gagnant-gagnant ? Sans doute que si.

Bref.

Une capture d'écran pour la fin ?


Retours sur /e/ dans un OnePlus 5T

Rédigé par dada / 26 novembre 2018 / 16 commentaires



C'est donc un dimanche soir, vers 18h, que j'ai décidé de faire ce que j'avais quasiment juré d'arrêter : changer l'OS de mon téléphone.
Je fais partie de celles et ceux qui se sont jetés sur FirefoxOS en y croyant, puis sur Ubuntu Touch, en y croyant déjà moins. L'expérience des abandons et des échecs m'avait pourtant bien fait comprendre que les OS alternatifs sur un objet aussi important que le mobile étaient une mauvaise idée. Et pourtant. Merci Monseigneur.

/e/ ?

Ne me demandez pas comment ça se prononce. Pas la moindre idée. C'est pourtant un OS alternatif basé sur Android dont on entend souvent parler sur Mastodon. N'essayez pas de retrouver le hashtag qui va bien, le nom de l'OS ne permet pas d'en faire une pub correcte. C'est le compte de Gaël Duval qu'il faut suivre pour se tenir informé.
Pour plus d'informations, je vous redirige vers le site officiel de la fondation derrière ce projet. Il faut simplement retenir que l'OS se veut respectueux de la vie privée : ciao les Google Apps, Services et autres cochonneries installées de force dans votre mobile.

/e/ est un projet à but non lucratif, dans l’intérêt de tous. Nous concevons des systèmes d’exploitation mobile open source et des services en lignes associés, qui respectent la vie privée et les données personnelles de chacun.
Nous sommes une équipe internationale d’entrepreneurs expérimentés, de développeurs et de designers, qui s’appuie sur une communauté de contributeurs grandissante.

À quoi ça ressemble ?

 

Pas grand-chose à raconter. C'est une version propre d'Android avec un thème et un jeu d'icônes personnalisés.

Les applications par défaut

On retrouve les grands classiques bien connus des libristes :
  • K9Mail pour gérer les mails
  • Signal et Telegram pour les SMS & co
  • Chrome (Chromium ?) comme navigateur par défaut
  • Davdroid pour gérer les carnets d'adresses distants
  • Etar pour le calendrier
  • Notes pour la prise de notes
  • Tasks comme gestionnaire de tâches
  • Magic Earth pour le GPS
  • Nextcloud comme gestionnaire de fichiers
  • Open Camera pour la photo
Personnellement, je ne comprends pas le choix de Chromium. Je reste un adorateur de Mozilla, avec tous les travers que cela entraîne.
Leur navigateur vient avec une configuration particulière : il a pour moteur de recherche par défaut l'instance Searx de la /e/ Foundation.

Sous le capot

Sous le capot, on retrouve une version 8.1.0 d'Android avec les correctifs de sécurité datés du 5 novembre. En passant par la page d'installation de l'OS, on remarque que c'est effectivement une version de LineageOS remastérisée à la sauce /e/. Mastodon me raconte qu'un OS débarrassé des services Google et avec des services de synchronisation, ça existait : CyanogenMod.

Des services ?

Un mail

Si vous en faites la demande, ça n'a rien d'obligatoire, vous pouvez demander la création d'un compte en @e.email. Ce faisant, vous obtiendrez une nouvelle adresse à ajouter entre celle qui sert pour le boulot, la Gmail à spam et la Protonmail qui va bien. Une fois le compte créé, c'est sur un Rainloop que vous allez atterrir.


Sauvegarde des comptes et fichiers



J'ai l'impression qu'ils ont une instance Nextcloud sur leurs serveurs. La liste des applications permet de ne pas trop en douter. C'est une solution simple et bien supportée pour synchroniser tout le contenu important d'un téléphone moderne.

Le magasin d'applications

Là, j'ai un peu froncé les sourcils : il n'y a pas de store par défaut. Si vous en voulez un, c'est à vous d'aller le choper en passant par le navigateur. C'est une manipulation marrante : lancer le navigateur pour aller taper sur une instance Searx et enfin télécharger, disons, F-droid, c'est un truc qu'on ne fait pas souvent.

F-droid

Une fois installé à la main, F-droid ne pose pas de problème. Tout roule. J'ai installé une version complète de Nextcloud, Fennec (Firefox), Maps, Silence pour mes SMS et Tusky.

Aurora Store

C'est encore sur Mastodon qu'on m'a conseillé ce store. Aurora est un fork de Yalp. Il permet d'aller récupérer sereinement vos applications uniquement disponibles sur le Play Store de Google.  J'ai réussi à installer mes applications critiques : ProtonMail, ProtonVPN, les applications SNCF et celle de ma banque. Et ça marche. Au choix, vous pouvez vous connecter avec votre compte Google pour retrouver les applications que vous auriez achetées ou passer par leur service anonyme.

Des soucis ?

À l'installation de Tusky, le navigateur qui vient avec /e/ ne m'a pas permis d'autoriser la connexion à mon instance. J'ai dû installer Fennec depuis F-droid et le configurer comme navigateur par défaut pour y arriver.
Autant j'ai réussi à installer des applications du Play Store depuis Aurora sans problème et réussir à m'en servir, autant l'application Qobuz s'est lamentablement vautrée. Rien à faire, elle ne démarre pas. Moi qui envisageais de m'y abonner pour de bon, c'est mal barré. C'est corrigé.

Est-ce que c'est vraiment utilisable ?

OnePlus 5T

Pour le moment, pas grand-chose à signaler. /e/ fonctionne et permet de renouer avec un Android propre. Mon téléphone supporte bien la chose. Même le lecteur d'empreinte fonctionne. J'aimerais bien réussir à le configurer non pas pour qu'il lise le bout de mes doigts mais pour m'en servir comme pavé tactile. Je n'ai pas encore retrouvé l'option.
Au niveau de l'appareil photo, chose pour laquelle j'avais décidé d'acheter un OnePlus 5T, je doute qu'on retrouve le même niveau de qualité que sur OxygenOS. Par exemple, je ne retrouve pas la possibilité de passer par le zoom optique du deuxième capteur. Après, je ne m'en sers jamais. Quant à l'application Open Camera, elle semble quand même fournir une foule d'options intéressantes. N'oubliez pas d'aller régler la résolution à fond dans les options si vous vous voulez retrouver quelque chose qui se rapproche de ce que vous aviez avant.

En général

Avant de vous lancer dans l'aventure, n'oubliez pas que l'absence de Play Store va vous pénaliser d'une façon ou d'une autre. L’intégration de MicroG permet de vivoter mais n'apporte pas de miracle. Les applications sont de plus en plus dépendantes des services Google pour fonctionner. Google a réussi son coup : les développeurs ne regardent même plus ce qu'il y a dans leur SDK et ajoutent des dépendances dégueulasses à la truelle.

Gardez aussi à l'esprit que c'est un OS en version alpha, à utiliser à vos risques et périls.

Je me souviens de l'époque de FirefoxOS : nous étions beaucoup à avoir spécialement acheté les téléphones siglés pour pouvoir nous en servir. J'avais spécialement commandé le téléphone de référence des développeurs, le Flame, pour en avoir un peu plus sous le capot. Certains avaient même pris de leur temps pour aller en faire la promotion dans des grandes surfaces. Une période assez dingue quand on y repense. Le choix de /e/ loin des délires de Mozilla me rassure, un peu. La suite ? On verra.

Liens utiles :

Nettoyer Android sans être root

Rédigé par dada / 27 octobre 2018 / 15 commentaires


Les vieux téléphones sous des vieilles versions d'Android, c'est la plaie. Dans la famille, il y en a un, un Wiko Rainbow Lite 4G sous Android 5.1.1. Il n'est, évidemment, plus supporté par son constructeur et les ROM alternatives n'existent pas : il est en fin de vie et son utilisation est dangereuse. M'enfin, on doit faire avec en attendant de le changer.

Dans les cochonneries qu'une vieille version d'Android traîne avec elle, en plus des failles de sécu, il y a l'espace disque complètement pris par les applications, Google en tête. La succession de mises à jour a complètement obstrué le peu de mémoire interne de la bête, la rendant peu utilisable.

La solution ? Supprimer les applications inutilisées pour laisser souffler l'OS et dégager les alertes incessantes "Mettez à jour les applications" et "Plus d'espace disque suffisant pour mettre à jour les applications" ! Problème, il n'y a quasiment aucune application tierce et seules les Google Machins monopolisent la carte mémoire. Applications qu'on ne peut pas supprimer en passant par la jolie interface désuète d'Android Lollipop.

J'avais entendu parler d'un toot racontant qu'il était possible de s'en sortir avec quelques commandes ADB. Une demande d'aide sur Mastodon et quelques minutes plus tard :


Merci les copains !

Voici donc un rapide tutoriel pour vous en sortir si l'envie vous prend de nettoyer un vieux smartphone, sans être root, de toutes les applications sans intérêt.

Note importante : vous pouvez rendre votre téléphone inutilisable en supprimant une application qu-il-aurait-pas-fallu-la-supprimer. Faites attention !

Installer ADB

Sans lui, vous ne pourrez rien faire :
# apt install android-tools-adb

Mode développeur

- Passez votre téléphone en mode développeur en tapotant sur son numéro de build.

- Branchez votre téléphone à votre PC.

- Vérifiez qu'il repère bien votre téléphone avec la commande adb devices.
$ adb devices
List of devices attached
* daemon not running; starting now at tcp:5037
* daemon started successfully
4326d6ec    device

"4326d6ec device" indique qu'il y a bien un téléphone reconnu par mon PC.

Lister les applications

Si vous en êtes là, vous devriez pouvoir lister les applications installées dans votre téléphone :
$ adb shell pm list packages
package:com.qrd.omadownload
package:com.android.providers.telephony
package:com.google.android.googlequicksearchbox
package:com.android.providers.calendar
package:com.android.providers.media
[...]

La suppression

Pour supprimer une application dont vous n'avez plus rien à faire :
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.youtube
Success
Le Success parle de lui même : l'application YouTube a dégagé du téléphone !

Mon nettoyage

Alerte : ne faites pas ça chez vous sans prendre le temps de réfléchir. Le propriétaire du téléphone massacré ci-dessous a des besoins très limités !

Voici la liste des applications supprimées du Wiko qui a passé un sale quart d'heure entre mes mains et qui marche toujours :
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.youtube
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.music
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.talk
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.videos
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.apps.genie.geniewidget
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.android.chrome
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.apps.docs
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.apps.photos
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.apps.cloudprint
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.tomaszmarzeion.notepad
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.apps.maps
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.googlequicksearchbox
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.android.music
Et voilà !

Pour finir et si vous voulez aller plus loin, foncez lire le billet d'Étienne Deparis : Désinstaller des applications système d'Android.

Streamer sa musique librement

Rédigé par dada / 05 décembre 2017 / 14 commentaires


Il existe des tonnes de façon d'apprécier sa musique sans pour autant la traîner sur des CD ou sur la carte mémoire de son téléphone. Les plus simples consistent à prendre un abonnement chez Deezer ou chez Spotify mais, manque de chance, c'est plein de DRM et ça ne fonctionne pas partout sur la planète. Oui, je reste un grand traumatisé de Spotify : je n'ai jamais réussi à écouter mes playlists alors que je vadrouillais en Syrie (avant !).

Du coup, voici ma solution. Ce n'est peut-être pas la plus simple mais elle me permet de combiner Nextcloud, Sonerezh et Power Ampache. Avec tout ça, j'écoute ma musique via une interface web et via une application mobile partout où je veux et je contrôle tout. Le seul souci, c'est que ça me coûte cher en musique.

Nextcloud ?

Pour n'avoir qu'à copier/coller mes dernières trouvailles dans un répertoire de mon PC. Il va être parcouru par le client de synchronisation : son contenu va donc directement être envoyé sur le serveur de streaming. C'est simple, facile et pour les feignants. En plus, ça fait déjà un backup.

Music ?

C'est l'application qui permet de lire ses fichiers audios dans NC. Ça fait du bon boulot, mais c'est moche et assez lent. Je préfère carrément Sonerezh. Ceci-dit, elle supporte l'API d'Ampache, et ça, c'est cool. Vous le voyez arriver, le lien avec Power Ampache ?

Power Ampache ?

Là, c'est le Graal. Votre NC est configuré, Music fournit l'API d'Ampache : Power Ampache va tout récupérer. Vous avez maintenant du streaming audio de qualité sur votre Smartphone. Bah oui, ça supporte le FLAC, tout ça !
Ah, et pensez à cocher "Offline Songs" si ça vous embête de pomper votre forfait 3/4G.

Sonerezh ?

Quand votre NC récupère vos fichiers audios, vous y avez accès via Music et Power Ampache, mais pas via une belle et rapide interface web. C'est là que Sonerezh débarque.
Pour que ça marche, il faut lui dire d'aller récupérer le contenu de votre répertoire Musique qui est dans Nextcloud, tout simplement.
Perso, je suis passé par le principe du stockage externe de Nextcloud pour que tous les partis puissent se parler, et que je puisse faire du gros copier/coller depuis mon PC sans avoir jamais à me connecter au serveur.

Qu'est-ce que ça donne ?

Sonerezh :



Power Ampache :


Tout cela n'est pas parfait, mais c'est de la bonne bidouille ! Du logiciel libre et un peu d'idées pour ne plus jamais se prendre le choux à gérer sa musique entre le local et le distant. Y'a sans doute plus simple, mais bon, une fois que ce système est en place, on n'a plus qu'à vérifier les tags avec EasyTAG et à faire un copier/coller. Cool.

Coucou ProtonMail, ciao Google Mail

Rédigé par dada / 28 décembre 2016 / 12 commentaires




C'était quelque chose que je voulais absolument faire depuis des mois, voire des années et c'est maintenant chose faite : je viens de transformer ma vieille adresse personnelle en Gmail (Google Mail) par une adresse en @protonmail.com.

ProtonMail ? C'est un fournisseur de courriel (!) basé en Suisse et créé par des gars du CERN. La page Wikipedia vous donnera toutes les informations connues autour de ce service et je vous invite à la lire : ce billet va se concentrer sur mes retours d'utilisateur.

Mails chiffrés

C'est natif avec ProtonMail et ça ne demande pas la moindre manipulation de la part de l'utilisateur. Ça caresse ma fibre de feignant. Les mails chiffrés ne sont pas lisibles ni par les administrateurs des serveurs ni par les gars ne possédant pas votre clé privée.
Quand vous chiffrez un mail à destination d'un contact qui n'a pas de compte ProtonMail, celui-ci ne recevra qu'une notification et sera invité à en lire le contenu depuis une interface sécurisée. Youpi, non ?
Vous pouvez, en toute connaissance de cause, envoyer des mails en clair sur le réseau pour ne pas perturber vos contacts.

Le support des domaines perso

Ce qui veut dire que si vous avez un nom de domaine, vous pourrez le faire pointer sur votre compte PM en toute transparence et, du coup, profiter de tous ses avantages avec une adresse qui ne se terminera pas en @protonmail.com. C'est pour ça que je me sers de PM maintenant et pas d'un autre service : dadall.info était géré par un serveur mail classique configuré par mes soins. Une plaie à gérer et je suis content d'avoir refilé le bébé à PM !

Les inconvénients

- PM a un gros inconvénient : il ne supporte pas les protocoles IMAP ou POP3. Pour faire simple, il n'est pas possible de s'en servir avec Thunderbird, K9-mail ou le client de votre choix. C'est assez emmerdant pour moi, je suis quand même un accro de l'oiseau bleu. Tant pis, mais c'est avec un gros pincement au cœur que j'écris ces lignes.
- Dans la même veine, sans protocole supporté, PM ne se consulte que via une interface web qui n'est pas disponible en français. Elle n'est qu'en anglais pour le moment. Perso, je m'en fiche mais ça ne va pas permettre à des non anglophones de s'en servir.
- Un dernier truc qui me chagrine, c'est qu'ils proposent, quand même, une application mobile pour mon Fairphone sous Android mais elle n'est pas libre et nécessite ces cochonneries de Google Services. Préparez-vous à lire la notification vous conjurant d'installer Google Play et ces saloperies à chaque lancement de l'application. Ça entraîne aussi des problèmes : pas de relevé automatique des mails et pas de notification lors de leur réception. #Tristitude

Bon, tout n'est pas rose. Je me suis engagé sur un an pour 48€. C'est le prix à payer pour avoir 5Go d'espace disque et le support de mon domaine perso.
J'espère que ce retour sera utile pour ceux qui se posaient des questions autour de ProtonMail. J'y suis depuis le 17 décembre et les quelques soucis que je relate ne me gênent pas vraiment : j'suis pas un accro des mails sur mon téléphone et Thunderbird est toujours mon compagnon au taff, là où il s'empiffre le plus de mails !

Il existe d'autres services fournissant des adresses mails loin de la sphère des GAFAM. ProtonMail est une solution parmi tant d'autres que je vous invite à tester par vous-même :-)