Blog de dada

DevOps, bidouilleur et routard plein de logiciels libres

Android

Nettoyer Android sans être root

Rédigé par dada / 27 octobre 2018 / 12 commentaires


Les vieux téléphones sous des vieilles versions d'Android, c'est la plaie. Dans la famille, il y en a un, un Wiko Rainbow Lite 4G sous Android 5.1.1. Il n'est, évidemment, plus supporté par son constructeur et les ROM alternatives n'existent pas : il est en fin de vie et son utilisation est dangereuse. M'enfin, on doit faire avec en attendant de le changer.

Dans les cochonneries qu'une vieille version d'Android traîne avec elle, en plus des failles de sécu, il y a l'espace disque complètement pris par les applications, Google en tête. La succession de mises à jour a complètement obstrué le peu de mémoire interne de la bête, la rendant peu utilisable.

La solution ? Supprimer les applications inutilisées pour laisser souffler l'OS et dégager les alertes incessantes "Mettez à jour les applications" et "Plus d'espace disque suffisant pour mettre à jour les applications" ! Problème, il n'y a quasiment aucune application tierce et seules les Google Machins monopolisent la carte mémoire. Applications qu'on ne peut pas supprimer en passant par la jolie interface désuète d'Android Lollipop.

J'avais entendu parler d'un toot racontant qu'il était possible de s'en sortir avec quelques commandes ADB. Une demande d'aide sur Mastodon et quelques minutes plus tard :


Merci les copains !

Voici donc un rapide tutoriel pour vous en sortir si l'envie vous prend de nettoyer un vieux smartphone, sans être root, de toutes les applications sans intérêt.

Note importante : vous pouvez rendre votre téléphone inutilisable en supprimant une application qu-il-aurait-pas-fallu-la-supprimer. Faites attention !

Installer ADB

Sans lui, vous ne pourrez rien faire :
# apt install android-tools-adb

Mode développeur

- Passez votre téléphone en mode développeur en tapotant sur son numéro de build.

- Branchez votre téléphone à votre PC.

- Vérifiez qu'il repère bien votre téléphone avec la commande adb devices.
$ adb devices
List of devices attached
* daemon not running; starting now at tcp:5037
* daemon started successfully
4326d6ec    device

"4326d6ec device" indique qu'il y a bien un téléphone reconnu par mon PC.

Lister les applications

Si vous en êtes là, vous devriez pouvoir lister les applications installées dans votre téléphone :
$ adb shell pm list packages
package:com.qrd.omadownload
package:com.android.providers.telephony
package:com.google.android.googlequicksearchbox
package:com.android.providers.calendar
package:com.android.providers.media
[...]

La suppression

Pour supprimer une application dont vous n'avez plus rien à faire :
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.youtube
Success
Le Success parle de lui même : l'application YouTube a dégagé du téléphone !

Mon nettoyage

Alerte : ne faites pas ça chez vous sans prendre le temps de réfléchir. Le propriétaire du téléphone massacré ci-dessous a des besoins très limités !

Voici la liste des applications supprimées du Wiko qui a passé un sale quart d'heure entre mes mains et qui marche toujours :
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.youtube
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.music
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.talk
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.videos
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.apps.genie.geniewidget
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.android.chrome
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.apps.docs
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.apps.photos
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.apps.cloudprint
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.tomaszmarzeion.notepad
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.apps.maps
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.google.android.googlequicksearchbox
$ adb shell pm uninstall --user 0 com.android.music
Et voilà !

Pour finir et si vous voulez aller plus loin, foncez lire le billet d'Étienne Deparis : Désinstaller des applications système d'Android.

Streamer sa musique librement

Rédigé par dada / 05 décembre 2017 / 14 commentaires


Il existe des tonnes de façon d'apprécier sa musique sans pour autant la traîner sur des CD ou sur la carte mémoire de son téléphone. Les plus simples consistent à prendre un abonnement chez Deezer ou chez Spotify mais, manque de chance, c'est plein de DRM et ça ne fonctionne pas partout sur la planète. Oui, je reste un grand traumatisé de Spotify : je n'ai jamais réussi à écouter mes playlists alors que je vadrouillais en Syrie (avant !).

Du coup, voici ma solution. Ce n'est peut-être pas la plus simple mais elle me permet de combiner Nextcloud, Sonerezh et Power Ampache. Avec tout ça, j'écoute ma musique via une interface web et via une application mobile partout où je veux et je contrôle tout. Le seul souci, c'est que ça me coûte cher en musique.

Nextcloud ?

Pour n'avoir qu'à copier/coller mes dernières trouvailles dans un répertoire de mon PC. Il va être parcouru par le client de synchronisation : son contenu va donc directement être envoyé sur le serveur de streaming. C'est simple, facile et pour les feignants. En plus, ça fait déjà un backup.

Music ?

C'est l'application qui permet de lire ses fichiers audios dans NC. Ça fait du bon boulot, mais c'est moche et assez lent. Je préfère carrément Sonerezh. Ceci-dit, elle supporte l'API d'Ampache, et ça, c'est cool. Vous le voyez arriver, le lien avec Power Ampache ?

Power Ampache ?

Là, c'est le Graal. Votre NC est configuré, Music fournit l'API d'Ampache : Power Ampache va tout récupérer. Vous avez maintenant du streaming audio de qualité sur votre Smartphone. Bah oui, ça supporte le FLAC, tout ça !
Ah, et pensez à cocher "Offline Songs" si ça vous embête de pomper votre forfait 3/4G.

Sonerezh ?

Quand votre NC récupère vos fichiers audios, vous y avez accès via Music et Power Ampache, mais pas via une belle et rapide interface web. C'est là que Sonerezh débarque.
Pour que ça marche, il faut lui dire d'aller récupérer le contenu de votre répertoire Musique qui est dans Nextcloud, tout simplement.
Perso, je suis passé par le principe du stockage externe de Nextcloud pour que tous les partis puissent se parler, et que je puisse faire du gros copier/coller depuis mon PC sans avoir jamais à me connecter au serveur.

Qu'est-ce que ça donne ?

Sonerezh :



Power Ampache :


Tout cela n'est pas parfait, mais c'est de la bonne bidouille ! Du logiciel libre et un peu d'idées pour ne plus jamais se prendre le choux à gérer sa musique entre le local et le distant. Y'a sans doute plus simple, mais bon, une fois que ce système est en place, on n'a plus qu'à vérifier les tags avec EasyTAG et à faire un copier/coller. Cool.

Coucou ProtonMail, ciao Google Mail

Rédigé par dada / 28 décembre 2016 / 12 commentaires




C'était quelque chose que je voulais absolument faire depuis des mois, voire des années et c'est maintenant chose faite : je viens de transformer ma vieille adresse personnelle en Gmail (Google Mail) par une adresse en @protonmail.com.

ProtonMail ? C'est un fournisseur de courriel (!) basé en Suisse et créé par des gars du CERN. La page Wikipedia vous donnera toutes les informations connues autour de ce service et je vous invite à la lire : ce billet va se concentrer sur mes retours d'utilisateur.

Mails chiffrés

C'est natif avec ProtonMail et ça ne demande pas la moindre manipulation de la part de l'utilisateur. Ça caresse ma fibre de feignant. Les mails chiffrés ne sont pas lisibles ni par les administrateurs des serveurs ni par les gars ne possédant pas votre clé privée.
Quand vous chiffrez un mail à destination d'un contact qui n'a pas de compte ProtonMail, celui-ci ne recevra qu'une notification et sera invité à en lire le contenu depuis une interface sécurisée. Youpi, non ?
Vous pouvez, en toute connaissance de cause, envoyer des mails en clair sur le réseau pour ne pas perturber vos contacts.

Le support des domaines perso

Ce qui veut dire que si vous avez un nom de domaine, vous pourrez le faire pointer sur votre compte PM en toute transparence et, du coup, profiter de tous ses avantages avec une adresse qui ne se terminera pas en @protonmail.com. C'est pour ça que je me sers de PM maintenant et pas d'un autre service : dadall.info était géré par un serveur mail classique configuré par mes soins. Une plaie à gérer et je suis content d'avoir refilé le bébé à PM !

Les inconvénients

- PM a un gros inconvénient : il ne supporte pas les protocoles IMAP ou POP3. Pour faire simple, il n'est pas possible de s'en servir avec Thunderbird, K9-mail ou le client de votre choix. C'est assez emmerdant pour moi, je suis quand même un accro de l'oiseau bleu. Tant pis, mais c'est avec un gros pincement au cœur que j'écris ces lignes.
- Dans la même veine, sans protocole supporté, PM ne se consulte que via une interface web qui n'est pas disponible en français. Elle n'est qu'en anglais pour le moment. Perso, je m'en fiche mais ça ne va pas permettre à des non anglophones de s'en servir.
- Un dernier truc qui me chagrine, c'est qu'ils proposent, quand même, une application mobile pour mon Fairphone sous Android mais elle n'est pas libre et nécessite ces cochonneries de Google Services. Préparez-vous à lire la notification vous conjurant d'installer Google Play et ces saloperies à chaque lancement de l'application. Ça entraîne aussi des problèmes : pas de relevé automatique des mails et pas de notification lors de leur réception. #Tristitude

Bon, tout n'est pas rose. Je me suis engagé sur un an pour 48€. C'est le prix à payer pour avoir 5Go d'espace disque et le support de mon domaine perso.
J'espère que ce retour sera utile pour ceux qui se posaient des questions autour de ProtonMail. J'y suis depuis le 17 décembre et les quelques soucis que je relate ne me gênent pas vraiment : j'suis pas un accro des mails sur mon téléphone et Thunderbird est toujours mon compagnon au taff, là où il s'empiffre le plus de mails !

Il existe d'autres services fournissant des adresses mails loin de la sphère des GAFAM. ProtonMail est une solution parmi tant d'autres que je vous invite à tester par vous-même :-)

Transportr : une application libre pour se déplacer, même dans Paris

Rédigé par dada / 04 novembre 2016 / Aucun commentaire


En passant mon Fairphone 2 sous Fairphone Open Source OS, j'ai changé quelques habitudes. En fait, j'ai surtout choisi de ne pas utiliser d'applications propriétaires, autant que faire se peut, et c'est là que je suis tombé sur un os, et un gros. Ce n'est pas toujours possible et il faut bien se rabattre sur les applications officielles, pas le choix.
Quand on n'a plus accès aux Google Play Services, on se rend compte de leur intégration un peu partout. Pour ce qui me concerne, je retiens surtout celle dans les applications de la RATP et de la SNCF qui me pose problème. On se retrouve, du coup, soi avec une application qui s'installe mais qui marche à moitié, soi avec une application qui ne s'installe même pas et qui vous laisse sur le carreau. La seule solution ? L'alternative.

En bon jeune trentenaire fraîchement parisien, le métro est encore un truc bizarre que j'ai la chance de ne prendre que pour le loisir. Je commence à gérer mes déplacements, mais sans application pour me filer un coup de main, c'est pas la peine. J'ai essayé les cartes et la méthode l'arrache et je ne peux pas honnêtement dire que le succès fut au rendez-vous, et moi non plus d'ailleurs.

Du coup, je remercie encore Mlehuby pour son aide : elle m'a fait découvrir Transportr ! Plus qu'un long discours, les captures d’écran :



La première capture affiche le résultat d'une recherche pour aller de le Gare de L'Est à la rue de Mazagran. Le chemin est cours, le premier résultat avec le bonhomme jaune, c'est la distance à pied : 13min. Les autres affichent la ligne du métro à prendre pour les feignants parisiens.

Oui, je sais, je devrais faire l'effort de choisir un parcours plus long mais c'est mon cœur qui parle : y'a de la Rochefort au bout de la route !

La deuxième capture affiche un peu plus de détails, avec les changements à faire et la dernière affiche la longue traversée de Paris qu’affronta l'aventurier pour se désaltérer, via OSM.

Cette application marche bien avec la RATP, c'est chouette, mais je suis déçu de voir que quand on s'attaque à la SNCF, ça coince. Ce n'est pas grave et je suis certain que ce n'est pas de leur faute, si vous voyez ce que je veux dire ;-)

Pour finir, la listes des cartes, des villes et de leurs moyens de transport supportés est plutôt vaste, c'est libre et le dépôt Github est par-là si l'envie vous prend de vouloir les aider !

Android, Nextcloud, son application Contacts, DAVdroid et l'erreur 15

Rédigé par dada / 07 septembre 2016 / 2 commentaires


Il y a des trucs qui m'ont gonflé ces derniers jours et cette erreur en fait partie :
java.lang.IllegalStateException: [Error 15] PREF parameter value is malformed 
Pas très claire, pas super bavarde, y'a pas pire comme type d'erreur, surtout quand on aime bien gérer son propre serveur pour pouvoir profiter de la synchronisation des contacts de son téléphone avec son instance Nextcloud. Bon, je triche un peu, c'est une erreur Java, c'est plus verbeux que ça, mais j'allais pas déformer ce billet avec son blabla.
J'ai commencé par faire les trucs de base : sauvegarder mes contacts sur le téléphone, vider le carnet d'adresses, vider l'application Contacts de son contenu et lancer une synchronisation après avoir fait ce grand ménage. Rien à faire, ça pétait toujours. #Tristitude

En traînant sur l'internet mondial, j'apprends qu'il y a plusieurs versions du protocole VCard, le format ouvert qui permet l’échange des cartes visites, ou dit plus clairement, l’échange de nos contacts du téléphone. C'est lui que CardDav manipule. On ne va pas rentrer les détails mais, comme tout machin avec une RFC, une ligne de conduite claire, faut filer droit. A priori, les applications qui se cognent la manipulation des VCard savent ce qu'elles font, ou pas.
Je ne sais pas vraiment depuis quand la valeur PREF traîne dans les informations de mes contacts, mais ce merdeux est presque partout et il est mal utilisé. Exemple :
BEGIN:VCARD
VERSION:2.1
N:Johansson;Scarlett;;;
FN:Scarlett Johansson
TEL;CELL;PREF:+42612345678
END:VCARD
Remarquez bien ce maudit PREF qui se balade entre CELL et le numéro de téléphone : il n'a rien à faire ! La ligne TEL doit contenir les informations relatives au 06 du contact, ce que le squatteur ne comprend pas.
Bref, pour corriger la synchro avec Contacts de Nextcloud via DAVdroid, il suffit de le faire sauter. C'est comme ça que j'ai fait, ce n'est sans doute pas la façon la plus propre de faire, mais ça m'a défrustré.

La solution la plus simple, si vous êtes sous GNU/Linux et que vous savez un tout petit peu vous servir d'un terminal, c'est de :
  • Extraire son carnet d'adresse au format VCF
  • Ouvrir un terminal
  • Exécuter la commande suivante :
 sed -i "s/TEL;CELL;PREF:/TEL;VOICE:/g" contacts.vcf 
Avec cette simple manipulation, vous venez de faire sauter la totalité des occurrences de PREF; de votre carnet d'adresse en la remplaçant par VOICE;, qui ne pose pas de souci. Notez qu'il doit existe d'autre formats corrects pour la ligne TEL, vous pouvez fouiller si l'envie vous prend.
Enfin, vous pouvez tranquillement réimporter ce fichier édité dans le carnet d'adresse de votre téléphone et dans Nextcloud, ça marchera tout seul, sans cette fichue error 15.