Blog de dada

DevOps, bidouilleur et routard plein de logiciels libres

Sonerezh

Streamer sa musique librement

Rédigé par dada / 05 décembre 2017 / 13 commentaires


Il existe des tonnes de façon d'apprécier sa musique sans pour autant la traîner sur des CD ou sur la carte mémoire de son téléphone. Les plus simples consistent à prendre un abonnement chez Deezer ou chez Spotify mais, manque de chance, c'est plein de DRM et ça ne fonctionne pas partout sur la planète. Oui, je reste un grand traumatisé de Spotify : je n'ai jamais réussi à écouter mes playlists alors que je vadrouillais en Syrie (avant !).

Du coup, voici ma solution. Ce n'est peut-être pas la plus simple mais elle me permet de combiner Nextcloud, Sonerezh et Power Ampache. Avec tout ça, j'écoute ma musique via une interface web et via une application mobile partout où je veux et je contrôle tout. Le seul souci, c'est que ça me coûte cher en musique.

Nextcloud ?

Pour n'avoir qu'à copier/coller mes dernières trouvailles dans un répertoire de mon PC. Il va être parcouru par le client de synchronisation : son contenu va donc directement être envoyé sur le serveur de streaming. C'est simple, facile et pour les feignants. En plus, ça fait déjà un backup.

Music ?

C'est l'application qui permet de lire ses fichiers audios dans NC. Ça fait du bon boulot, mais c'est moche et assez lent. Je préfère carrément Sonerezh. Ceci-dit, elle supporte l'API d'Ampache, et ça, c'est cool. Vous le voyez arriver, le lien avec Power Ampache ?

Power Ampache ?

Là, c'est le Graal. Votre NC est configuré, Music fournit l'API d'Ampache : Power Ampache va tout récupérer. Vous avez maintenant du streaming audio de qualité sur votre Smartphone. Bah oui, ça supporte le FLAC, tout ça !
Ah, et pensez à cocher "Offline Songs" si ça vous embête de pomper votre forfait 3/4G.

Sonerezh ?

Quand votre NC récupère vos fichiers audios, vous y avez accès via Music et Power Ampache, mais pas via une belle et rapide interface web. C'est là que Sonerezh débarque.
Pour que ça marche, il faut lui dire d'aller récupérer le contenu de votre répertoire Musique qui est dans Nextcloud, tout simplement.
Perso, je suis passé par le principe du stockage externe de Nextcloud pour que tous les partis puissent se parler, et que je puisse faire du gros copier/coller depuis mon PC sans avoir jamais à me connecter au serveur.

Qu'est-ce que ça donne ?

Sonerezh :



Power Ampache :


Tout cela n'est pas parfait, mais c'est de la bonne bidouille ! Du logiciel libre et un peu d'idées pour ne plus jamais se prendre le choux à gérer sa musique entre le local et le distant. Y'a sans doute plus simple, mais bon, une fois que ce système est en place, on n'a plus qu'à vérifier les tags avec EasyTAG et à faire un copier/coller. Cool.

Sonerezh 1.1.3 disponible

Rédigé par dada / 20 décembre 2016 / 1 commentaire




En voilà un projet dont l’activité m’angoissait quelque peu ces derniers temps : mon lecteur de musique auto-hébergé était-il en train de mourir ? Eh nan !

Quelle joie d'avoir vu débarquer dans ma boite mail (une nouvelle, qui plus est, je vous en parle dans un prochain billet !) l'annonce de la sortie de la version 1.1.2, puis de la 1.1.3 dans la foulée. Une histoire de correction de bogue a offert une montée de version cadeau.

Bref, le plus important, la liste des nouveautés :
  • La possibilité de télécharger les morceaux
  • L’organisation de la page Albums par groupes ou albums
  • Nouvelle sécurité sur la page de login
  • et le préchargement de la prochaine musique
C'est pas incroyable, diraient les grincheux, mais c'est une grosse partie de ce qu'il manquait à Sonerezh. Surtout le téléchargement et le préchargement du prochain morceau ! Faut dire qu'il carbure dans les autres domaines : beau, rapide, efficace, simple...

Bref, ça me comble : c'est clairement l'outil que j'utilise le plus, et de loin. Avec ses 3578 morceaux regroupés en 260 albums pour 148 artistes différents, c'est aussi ce qui bouffe le plus de place sur mon serveur.
Merci aux développeurs !

Passer son C1 Scaleway sous PHP 7

Rédigé par dada / 12 décembre 2016 / 2 commentaires


Je laisse PHP 7 dans le titre mais je précise ici que je parle de PHP 7.0 et pas de PHP 7.1.

Notez que passer outre les dépôts officiels de Debian et qu'utiliser un dépôt maintenu par un tiers engage la stabilité de votre serveur et de votre installation. J'ai pas de souci chez moi, mais ça ne veut rien dire !

Les C1 de Scaleway sont des serveurs tournant sur une architecture ARM et si c'est sympa dans les faits, c'est un problème quand on veut utiliser PHP 7 avec sa Debian 8 Jessie.
Les dépôts bonus classiques que les debianneux doivent tous connaître sont les dotdeb. On y retrouve les dernières versions de PHP packagés avec sérieux par Guillaume Plessis, pour les architectures x86 et x86_64 mais pas d'ARM. Pas de support du C1 donc.

Pour remédier au problème, vous pouvez passer par le travail de mati75.
deb http://repozytorium.mati75.eu/raspbian jessie-backports main contrib non-free 
Pour ajouter la clé GPG :
gpg --keyserver pgpkeys.mit.edu --recv-key CCD91D6111A06851
gpg --armor --export CCD91D6111A06851 | apt-key add -
Ceci-dit, comme ce ne sont pas des dépôts officiels et qu'il n'y a pas que PHP dedans, je n'ai pas ajouté cette clé pour empêcher APT d'aller taper dedans sans une double validation. C'est pas super propre, mais bon.

Notez que la totalité des modules PHP ne sont pas encore disponibles : j'ai en tête memcached puisque je m'en servais. Tant pis.

J'ai passé le serveur de ce blog sous PHP 7.0 ce week-end : RAS jusqu’à maintenant. Le gain de performance est légèrement notable mais je ne m'attendais pas non plus à une révolution compte tenu des caractéristiques faibles du C1.

Voici la liste des services qui tournent sur ce serveur et que je certifie fonctionner avec cette version de PHP :

Par contre, Sticky-Notes est dans les choux. Il va me falloir un autre pastbin-like !

Il était une fois le multimédia

Rédigé par dada / 28 octobre 2016 / 1 commentaire


Une discussion avec mon frère m'a fait comprendre que je traînais des réflexes de vieux con. On parlait musique, de films et de notre façon de les consommer.
Mon frère, jumeau, vient de passer à l'offre légale en matière de musique. Il s'est pris un abonnement Deezer. Très satisfait de son choix, il découvre le plaisir d'avoir accès à tout un tas d'artistes all over ze world via le site web et, surtout, l'application mobile. Il se fait ses listes de lecture en fonction du style ou de son humeur. Il semble vraiment adorer ça, le bougre. Moi, non, je ne me sers pas de ces choses là et ça l’étonne. Comme quoi, même des jumeaux peuvent ne pas être d'accord.

J'ai des besoins simples et des convictions. Loin de moi l’idée de dire que se sont les bonnes et que tout le monde devrait faire pareil, mais je refuse de me servir de Deezer, de Spotify ou encore de Netflix. Bon, pour ce dernier, l'encart à droite de la page que vous lisez ne vous aura pas échappé.
Je veux pouvoir écouter ma musique, la mienne, celle que j'aime et que je découvre. Je ne veux pas d'un service qui m'enferme dans son silo. Quand j’achète un album, ce que je fais depuis que j'ai un vrai salaire, je le veux avec les fichier sur mon disque dur. Les fichiers doivent être sans DRM et je dois pouvoir les écouter sur mon Fairphone et mon Aquaris M10 qui sont des appareils absolument pas supportés par ces grands du streaming. Qui plus est quand je n'ai pas les Google Apps dans mon smartphone tournant pourtant sous Android.
Pour moi, c'est inconcevable de ne pas pouvoir télécharger ce que j'ai acheté, de le copier à droite, à gauche et de le partager avec mes amis. M'imaginer devoir me servir d'un site web que je ne maîtrise pas pour ce besoin aussi fondamental pour moi et mes oreilles, c'est un cauchemar. Ça me rappelle l’époque pendant laquelle j'avais un compte Spotify, parce que oui, j'ai fait des erreurs comme tout le monde, et que je traînais mon sac à dos dans la capitale de la Syrie. Je suis entré dans un cybercafé pour filer des nouvelles à ma famille et regarder les dernières nouvelles sur Facebook (des erreurs, avec un S !) après plus de deux semaines de vadrouille. Y'en avait des conneries à lire. Je me suis branché sur Spotify pour m'accompagner dans cette lourde tache et écouter un peu de musique occidentale. J'aime bien la musique du coin, mais ma musique à moi me manquait beaucoup. Et surprise ! Pas moyen de l’écouter : mes playlists grisées par ce qui semblait être un problème de droits. Je payais un abonnement pour ne pouvoir écouter ma musique que dans certains pays. #Tristitude et gros foutage de gueule.

Je n'ai pas sauté le pas vers l'auto-hébergement de mon nectar à noreilles en rentrant en Europe, ça se fera bien plus tard, mais ça m'a choqué. J'ai viré l'offre légale et je suis revenu aux CD et surtout aux torrents. J’étais étudiant, dirons-nous. Je voulais ma musique dans mes disques durs et mon iPod (erreurS !) sous Rockbox.
Depuis, j'ai mon serveur avec une instance de Sonerezh et mon instance de NextCloud qui y synchronise ce que je lui demande. Je suis maître de ma musique et j'aime ça.
On pourrait me rétorquer que je ne découvre pas beaucoup de nouveaux artistes et que je suis déconnecté de ce qui se fait en ce moment. Alors oui, je plaide coupable : ma culture de la musique actuelle est affreusement mauvaise mais, croyez-moi, je le vis très, très bien. Quant à ma capacité de découverte, entre mes amis, mes collègues et diaspora*, je dois avoir une vision du monde musicale un peu plus variée que celui qui se colle au poste de radio. Ils ont la musique qu'ils aiment, j'ai la mienne.

Je devrais aussi parler de l'offre légale en matière de films mais je l'ai déjà fait par ici. J'ai pas noté d’évolution depuis, pas besoin de mise à jour.

Enfin, on se trouve dans un monde dans lequel nous ne sommes plus propriétaires de notre musique, de nos films. Il devient difficile de matérialiser l'achat d'une œuvre (je ne dirai pas produit !) en 2016 pour la simple et unique raison que les gens ne s'offusquent pas d’être enfermés dans des silos. Ils ont oublié l’époque des CD, des DVD, de leurs belles collections et des soirées cinéma "On ramène un film chacun et on verra ensemble !".

Ils l'ont oublié, certes, jusqu'au jour où ils découvriront qu'une entreprise peut fermer, avec leurs collections, et qu'en fait, avoir sa collection, ses choix, ses extravagances et personne pour les faire disparaître pour une question de droit ou d’économie, c’était quand même la belle époque.

Sonerezh 1.0.0 et Nativefier

Rédigé par dada / 23 février 2016 / 10 commentaires


Je vous parlais déjà avec grand bien de Sonerezh en mars dernier. Depuis, plus grand chose. Pourtant, la version 1.0.0 de cette application est sortie ce 16 janvier. Avec les copains de diaspora*, on préparait notre balade en Belgique pour le FOSDEM 2016, d’où l'absence de billet sur cette release : j'me rattrape !

Au programme de cette première vraie version stable, peu de nouveautés. Il faut dire qu'elle était déjà bien fichue. Personnellement, je trouvais l'interface déjà impeccable. Les développeurs ont quand même trouvé la bonne idée d'afficher la liste des 6 derniers albums ajoutés à la collection. C'est un détail, mais un détail agréable. Pour le reste, c'est de la stabilisation à gogo.



Pour certains, il manque toujours la possibilité de téléverser directement sa musique via l'application. C'est pas faux, m'enfin, je transfère mes albums à travers un point de montage SSH directement depuis Nautilus (ou Fichier). Y'a toujours moyen de se débrouiller.

Sonerezh, c'est donc bien. Je ne me sers plus que de lui pour écouter ma musique et pouvoir l’écouter absolument partout, y compris depuis mon Flame, même si l'interface mobile pourrait être un peu améliorée.

En bon fanboy, j'ai décidé de proposer à mon frère de s'en servir. Lui, le windowsien classique, cherchait un bon moyen d’écouter du bon son sans trop se prendre la tête. On n'a pas vraiment les mêmes goûts musicaux, mais ça passe, comme on dit.
Pour lui faire passer la pilule extrêmement facilement, je suis passé par Nativefier. Voici le résultat :



Ce logiciel permet d'encapsuler un site web et de le transformer en application. Je schématise beaucoup en disant ça, mais l’idée est là.
Ci-dessus, c'est mon instance Sonerezh, un site web donc, qui est affiché comme si c’était un logiciel de bureau classique. Chouette, non ? Peu importe le système d'exploitation que vous utilisez, Nativefier permet de pondre une application pour GNU/Linux, Windows et MacOS.
J'ai donc exécuté la commande qui va bien et j'ai envoyé le .exe (via un partage ownCloud) à mon frangin. Mis à par le fait que je passe encore plus pour une sorte de magicien à ses yeux, j'ai offert à mon double une belle façon d’écouter de la musique sans s'emmerder à utiliser des trucs pleins de pubs, chers et qui n'ont pas forcément les albums qu'on aime.

Le seul gros truc qui coince, c'est que la couche technique qui permet ça est basée sur Chrome. Grosse tristitude. Si vous avez des infos sur un système équivalent mais basé sur Firefox, faites tourner !