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Blog de dada

DevOps, bidouilleur et routard plein de logiciels libres

DRM

Qobuz, ma musique

Rédigé par dada / 08 novembre 2016 / 10 commentaires




Je parlais de la consommation de musiques et des films en 2016 en racontant fièrement que j'achetais ma musique sans DRM et sans l'obligation de passer par une plateforme en particulier. Voici le moment de parler du service qui me permet de me sentir en accord avec mes principes : Qobuz.

Hey, ce n'est pas un placement produit, je n'ai pas d'actions chez ces gens-là : je suis juste un client content.

Il faut bien le dire, je ne m'attendais pas à (re)tomber sur une offre qui me permette de profiter de la musique que j'aime, en qualité FLAC (16bits), sans DRM et légalement.

Avec Qobuz, quand on achète un titre ou un album, il vient se placer dans la liste des trucs qu'on peut écouter en streaming depuis le site web, l'application de bureau (hors GNU/Linux) et l'application mobile. Ça, c'est pas trop mal mais j'avoue ne pas m'en servir. J'ai mon Sonerezh dans un coin et c'est pas en place pour faire de la figuration. Bref, c'est classique, on achète, on profite en streaming, mais ça ne m'intéresse pas.

Le truc, c'est la possibilité de télécharger les titres/albums. C'est la killer-feature comme on dit. C'est comme ça et uniquement comme ça que j'accepte de payer pour du culturel. Le site, chose incroyable en 2016, propose un lien tout simple pour rapatrier son achat à la maison. Pas de cochonnerie en Adobe Air ou je ne sais quels autres langages honteux.

Traînant de nouveau un smartphone sous Android, mais sans les Google Apps, j'avais peu d'espoir en m'essayant à l'installation de l'application officielle. Surprise : ça tourne sans ces dépendances tentaculaires ! Et en plus, en plus, il est possible de télécharger les morceaux en deux clics, sans maudits DRM ! Dingue, dingue et re-dingue : ce n'est pas qu'une pauvre application de streaming qui permet de faire de la fausse écoute hors ligne comme les autres.

De la fausse écoute hors ligne ? Oui, vous savez, les Spotify, Deezer et autres qui téléchargent vos playlists dans votre carte SD sans que vous puissiez y retrouver les morceaux tellement c'est hashé et DRMisé. La Qobuz App, elle, elle vous dépose vos morceaux dans votre téléphone. Et c'est tout.

Pour finir, je n'ai pas tout l'historique de ce site, même s'il est possible qu'il soit passé par des périodes difficiles, il a toute ma confiance. Pourquoi ? tout simplement parce que comme je télécharge mes achats sur mes disques durs, j'ai mes morceaux, j'en suis propriétaire. Ils peuvent couler, ça me brisera le cœur, mais ça ne changera pas ma vie. Contrairement aux autres, mais vous l'avez déjà compris.

Il était une fois le multimédia

Rédigé par dada / 28 octobre 2016 / 1 commentaire


Une discussion avec mon frère m'a fait comprendre que je traînais des réflexes de vieux con. On parlait musique, de films et de notre façon de les consommer.
Mon frère, jumeau, vient de passer à l'offre légale en matière de musique. Il s'est pris un abonnement Deezer. Très satisfait de son choix, il découvre le plaisir d'avoir accès à tout un tas d'artistes all over ze world via le site web et, surtout, l'application mobile. Il se fait ses listes de lecture en fonction du style ou de son humeur. Il semble vraiment adorer ça, le bougre. Moi, non, je ne me sers pas de ces choses là et ça l’étonne. Comme quoi, même des jumeaux peuvent ne pas être d'accord.

J'ai des besoins simples et des convictions. Loin de moi l’idée de dire que se sont les bonnes et que tout le monde devrait faire pareil, mais je refuse de me servir de Deezer, de Spotify ou encore de Netflix. Bon, pour ce dernier, l'encart à droite de la page que vous lisez ne vous aura pas échappé.
Je veux pouvoir écouter ma musique, la mienne, celle que j'aime et que je découvre. Je ne veux pas d'un service qui m'enferme dans son silo. Quand j’achète un album, ce que je fais depuis que j'ai un vrai salaire, je le veux avec les fichier sur mon disque dur. Les fichiers doivent être sans DRM et je dois pouvoir les écouter sur mon Fairphone et mon Aquaris M10 qui sont des appareils absolument pas supportés par ces grands du streaming. Qui plus est quand je n'ai pas les Google Apps dans mon smartphone tournant pourtant sous Android.
Pour moi, c'est inconcevable de ne pas pouvoir télécharger ce que j'ai acheté, de le copier à droite, à gauche et de le partager avec mes amis. M'imaginer devoir me servir d'un site web que je ne maîtrise pas pour ce besoin aussi fondamental pour moi et mes oreilles, c'est un cauchemar. Ça me rappelle l’époque pendant laquelle j'avais un compte Spotify, parce que oui, j'ai fait des erreurs comme tout le monde, et que je traînais mon sac à dos dans la capitale de la Syrie. Je suis entré dans un cybercafé pour filer des nouvelles à ma famille et regarder les dernières nouvelles sur Facebook (des erreurs, avec un S !) après plus de deux semaines de vadrouille. Y'en avait des conneries à lire. Je me suis branché sur Spotify pour m'accompagner dans cette lourde tache et écouter un peu de musique occidentale. J'aime bien la musique du coin, mais ma musique à moi me manquait beaucoup. Et surprise ! Pas moyen de l’écouter : mes playlists grisées par ce qui semblait être un problème de droits. Je payais un abonnement pour ne pouvoir écouter ma musique que dans certains pays. #Tristitude et gros foutage de gueule.

Je n'ai pas sauté le pas vers l'auto-hébergement de mon nectar à noreilles en rentrant en Europe, ça se fera bien plus tard, mais ça m'a choqué. J'ai viré l'offre légale et je suis revenu aux CD et surtout aux torrents. J’étais étudiant, dirons-nous. Je voulais ma musique dans mes disques durs et mon iPod (erreurS !) sous Rockbox.
Depuis, j'ai mon serveur avec une instance de Sonerezh et mon instance de NextCloud qui y synchronise ce que je lui demande. Je suis maître de ma musique et j'aime ça.
On pourrait me rétorquer que je ne découvre pas beaucoup de nouveaux artistes et que je suis déconnecté de ce qui se fait en ce moment. Alors oui, je plaide coupable : ma culture de la musique actuelle est affreusement mauvaise mais, croyez-moi, je le vis très, très bien. Quant à ma capacité de découverte, entre mes amis, mes collègues et diaspora*, je dois avoir une vision du monde musicale un peu plus variée que celui qui se colle au poste de radio. Ils ont la musique qu'ils aiment, j'ai la mienne.

Je devrais aussi parler de l'offre légale en matière de films mais je l'ai déjà fait par ici. J'ai pas noté d’évolution depuis, pas besoin de mise à jour.

Enfin, on se trouve dans un monde dans lequel nous ne sommes plus propriétaires de notre musique, de nos films. Il devient difficile de matérialiser l'achat d'une œuvre (je ne dirai pas produit !) en 2016 pour la simple et unique raison que les gens ne s'offusquent pas d’être enfermés dans des silos. Ils ont oublié l’époque des CD, des DVD, de leurs belles collections et des soirées cinéma "On ramène un film chacun et on verra ensemble !".

Ils l'ont oublié, certes, jusqu'au jour où ils découvriront qu'une entreprise peut fermer, avec leurs collections, et qu'en fait, avoir sa collection, ses choix, ses extravagances et personne pour les faire disparaître pour une question de droit ou d’économie, c’était quand même la belle époque.

Joyeux International day Against DRM

Rédigé par dada / 06 mai 2015 / 3 commentaires




Aujourd'hui, c’est la journée contre les DRM. Qui en parle ? Peu de gens.

Les débats tournent, fort heureusement, plus autour du projet de loi sur le renseignement, que je condamne comme tous mes pairs blogueurs et techniciens.

Mais les DRM ?

On voit que Mozilla doit se plier aux règles pour incorporer à contrecœur les DRM dans Firefox.

On voit que le passage tant attendu au HTML5 en remplacement du flash se fait beaucoup via Google Chrome aux dépens de Firefox.

On voit que de belles applications de Firefox OS se trouvent retardées pour cause d’intégration de DRM, pour Netflix.

Les DRM s'installent dans notre paysage et on n'en parle plus. Aujourd'hui, c'est la journée internationale contre les DRM. Un écho quelque part ? Non, pas vraiment. On va se faire avoir, les amis, on va se faire avoir. Ils avancent doucement mais sûrement pendant qu'on se voit obliger de s’écarteler pour lutter contre toutes les autres cochonneries qui pointent le bout de leur nez.

Je dois avouer que ça me déprime.