Blog de dada

DevOps, bidouilleur et routard plein de logiciels libres

Mastodon

Twitter, mon amour

Rédigé par dada / 18 octobre 2019 / 4 commentaires


En grand fan d'Arrêt sur Images, je n'ai pas raté la chronique de Daniel Schneidermann annonçant, heureux comme tout, qu'il avait décidé d'intégrer son flux Twitter à la page d'accueil de son site. L'utilisation du pronom possessif de cette première phrase est importante : on parle bien de son site. Il fait ce qu'il veut chez lui.
Chez moi, cette annonce m'a glacé le sang. Même si je sais très bien que c'est un accro de l'oiseau bleu et qu'il s'en sert pour nous fournir des articles critiques fabuleux, je ne peux m'empêcher d'être déçu.

@SI, comme on dit, est d'une qualité remarquable. J'adore tout y lire pour comprendre comment le monde tourne en décortiquant le traitement des sujets à la télévision, à la radio et sur les réseaux sociaux. Ceci-dit, je ne veux pas voir ces réseaux sociaux. Ils m'exaspèrent, me rendent furieux, me traumatisent. En lire les critiques en bien ou en mal, c'est ce que je viens chercher chez @SI. Les lire brutalement, sans recul : non. Pourquoi ? Parce que je sais très bien que ces sites sont calibrés pour me rentrer dans le crâne, pour me faire perdre mes repères et ma capacité critique : je ne suis pas taillé pour lutter contre leurs effets et c'est pour ça que j'ai décidé de les fuir.

En les fuyant, j'ai d'abord trouvé refuge sur diaspora* mais c'est sur Mastodon que je me sens le mieux. Ça va faire deux ans que je gère mon instance et que j'y traîne très régulièrement. Ce réseau n'est pas taillé pour me rentrer dans le crâne. Là-bas, rien n'est fait pour anesthésier ma fragile pensée critique et mon recul. Les infos circulent librement, les gens débattent, les points de vues se croisent : on y est bien malgré les seulement quelques millions d'utilisateurs à l'échelle de la planète.

Depuis quelques semaines, pourtant, j'ai le sentiment que nous sommes en train de perdre. Nous, les utilisateurs de Mastodon, n'avons pas réussi à clairement expliquer ce que nous y cherchions. Je me permets de dire ça en ayant un œil sur la timeline publique. Qu'est-ce que j'y vois ? Des messages provenant de Twitter.

Une quantité non négligeable de messages calibrés pour Twitter que des utilisateurs de Mastodon peu scrupuleux nous glissent sous les yeux.

Bien sur, ils ne sont pas triés par les algorithmes du géant américain avant de venir se caler sous nos yeux. Ça n'est pas possible. Par contre, ils sont calibrés, taillés, rédigés, construits pour bénéficier de cet algo magique dont seul Twitter a le secret. Et ça, pour moi, c'est non.


Je ne peux pas m'empêcher de vous refourguer cette vidéo de Datagueule. Elle nous rappelle le ciblage efficace des citoyens par le politique à travers des outils numériques. Tout le monde s'en sert, pas que les politiques. Ces derniers veulent simplement vous connaître pour mieux récupérer votre bulletin de vote. C'est le jeu, dirons-nous.
Par contre, avec l'aide des grandes plateformes, ils sont capable de vous retourner le cerveau avec une précision terrifiante. Quand les GAFAM s'amusent à récolter des données, c'est souvent pour les revendre à des statisticiens, qui feront des courbes, dégageront des tendances et refileront tout ça à ceux que ça intéresse : les producteurs de films, de musiques, des publicitaires, les constructeurs automobiles et, vous le devinez : les politiques.

Une discussion avec mon frère m'a fait comprendre que les gens restent persuadés d'avoir le contrôle sur ce qu'ils déballent dans l'Internet. J'ai mis du temps avant de comprendre qu'il ne pouvait tout simplement pas imaginer que Twitter, Facebook, Google et les autres ne peuvent être utilisés sereinement. C'est impossible. Vous ne pouvez pas avoir un usage serein des anciens réseaux sociaux tout comme vous ne pouvez pas voler avec une voiture. Ce n'est pas fait pour. Que vous le vouliez ou non, d'autres personnes que vous ont décidé de leur fonctionnement.

Twitter a permis l'émergence de choses fabuleuses : que ce soit le mouvement Metoo, les violences policières, les révolutions arabes et tous ces autres événements sociétaux passionnants dont les noms m'échappent. Malgré ça, j'ai besoin de calme et d'un traitement de fond comme sont capables de m'offrir les articles d'@SI ou des Jours.
La boite noire Twitter fait émerger des sujets puis les enterre. C'est son fonctionnement. C'est comme ça. Tant pis pour la diffusion de l'analyse de fond. Il faut renouveler l'engagement du twittos alors on met en avant ce qui provoque le plus de réactions sanguines, impulsives.

Il existe des vidéastes qui en jouent très bien, comme le patron de la chaîne Astronogeek. Il utilise des titres provocateurs pour sortir la tête de l'eau de Youtube et ça semble marcher. Il le fait d'une façon intelligente et de nombreux témoignages remercient ses coups de pubs sur le dos de l'algo de Youtube. M'enfin, à l'échelle de Youtube, cette intelligence ne pèse malheureusement pas grand chose.

C'est la masse des gens soumis à ces réseaux qui, je le crois, cassent en partie le fonctionnement de notre société. Ce n'est pas jouer au vieux con que de dire ça : il devient difficile de ne plus trouver d'article de presse en ligne populaire n'affichant pas le contenu d'un tweet ou d'un poste Instagram dans son corps. Ces réseaux deviennent le point de départ de sujet qui vous passeront sous les yeux et alimenteront les discussions autour de la machine à café. On est tous touchés par ces monstres, qu'on y ait un compte ou pas. Ils influencent massivement le débat public à cause de leurs utilisateurs. Ils déforment ce débat. Un sujet qui apparaît à la une de la presse en ligne, provenant d'un tweet, est affuté pour sortir la tête de l'eau de l'océan Twitter. Il est déjà sélectionné de par son respect des règles. C'est trop tard.

Je ne veux pas de ça sur Mastodon. Je veux que vous veniez débattre, échanger, râler mais je ne veux surtout pas du mode du fonctionnant d'un Twitter sous mes yeux. Si vous venez nous rejoindre, gardez ça a l'esprit et ne cherchez pas à devenir celui ou celle qui buzzera avec le bon mot. Devenez un passeur de connaissances, actif, c'est déjà énorme.

Ne vous méprenez pas : Les réseaux neutres comme Mastodon ne sont pas la solution à tous les problèmes qui traversent notre société. Ils sont simplement là pour vous rappeler que vous pouvez vous enfermer tout seul, sans l'aide de personne ni d'algos, comme un grand, dans votre bulle et l'assumer.

Des bisous

Mastodon 3.0.0 disponible : Woaw !

Rédigé par dada / 04 octobre 2019 / Aucun commentaire


C'est presque deux ans après la dernière version majeure que les développeurs de Mastodon nous gratifient d'une belle incrémentation. J'ai envie de vous dire qu'elle apporte quelque chose de spéciale, que ce numéro 3 est symptomatique d'une évolution disruptive... mais non : en deux ans, nous en avons vu passer, des nouveautés incroyables.

Mine de rien, voici quand même un tour d'horizon, rapide, de ce qui vient de nous être déposé au pied du sapin avec 3 mois d'avance.

Les mots-dièse (hashtags)

S'il fallait s'arrêter sur une nouveauté, je choisirais la gestion des hashtags : ils deviennent la pierre angulaire de la découverte sous Mastodon ! Avec l'ajout d'un système d'auto-suggestion, vous avez accès aux tendances du moment. Commencez à taper #rw et vous serez orientés (pas forcés) vers #rwc2019 pour rejoindre les joyeux drilles qui discutent et commentent la coupe du monde de rugby 2019.

Autre chose, clairement folle : les tendances. Lorsqu'un hashtag est régulièrement utilisé, le modérateur de votre instance à la possibilité de l'afficher en tant que tendance du moment. Voyez ce qu'il se passe depuis mon instance en cette fin de vendredi :


On peut enfin savoir de quoi parlent les gens sans avoir à relire tous les messages qui circulent. Je trouve ça tout bonnement génial ! Tout comme l'intervention obligatoire d'un modérateur a priori pour éviter qu'un hashtag douteux viennent se glisser dans les tendances.

Le partage des images

Mastodon permet maintenant de partager des images dans des conditions de malade. Ils ont vraiment sorti l'artillerie lourde pour que les utilisateurs puissent partager et profiter aux mieux des images qui passent dans le réseau :


Voyez la capture d'écran :
- On peut cliquer sur un simple lien pour détecter le texte présent dans l'image et le transposer à l'écrit pour les mal voyants. 
- Le focus est toujours de la partie (le rond plus clair) et le rendu est directement visible en bas à gauche
- Le tout dans une large fenêtre à l'interface claire et efficace !

Le slow mode

Vous trouvez que ça va trop vite ? Si si, je te l'assure, petit produit de Twitter que j'entends pouffer : ça va parfois trop vite.
Maintenant, il est possible d'activer le slow mode qui va bloquer l'affichage en temps réel des nouveaux messages et proposer un petit encart pour les débloquer.


Appréciez ci-dessus l'affichage simplifié de Mastodon avec le slow mode actif. Il me semble que ça ressemble à ce qu'on trouve chez Twitter mais ma mémoire me lâche, je n'en suis pas certain ;-)

Et tout le reste

Il serait bien trop fastidieux de faire le tour de toutes les petites nouveautés autour de cette sortie. Il faudrait parler de l'optimisation de la recherche, des nouveautés bienvenues dans l'interface, du confort accru pour les modérateurs, de la migration de compte facilité, des correctifs de sécurités, de l'optimisation, de l'ajout du breton comme langue supportée et j'en passe. Bref, bien trop de choses.

J'avais simplement envie de vous parler de celles que je trouve les plus importantes et c'est fait.

Vous pouvez maintenant foncer vous inscrire par ici où partir à la recherche d'une instance qui vous conviendrait le mieux ! Abusez des mots-dièse, des FollowFriday et surtout, traînez parmi nous pour vos sortir du marasme abjecte porté par les autres réseaux sociaux.

7 astuces pour économiser sa connexion 3G/4G et sa batterie

Rédigé par dada / 29 août 2019 / 7 commentaires


Android, pour ne parler que de lui, est devenu le Windows des systèmes d'exploitation mobiles. Voici quelques conseils pour le calmer et soulager votre téléphone.

1 - Utilisez Firefox comme navigateur par défaut

On vous dit qu'il est lent, qu'il est moins bien ? Laissez les gens parler. Utiliser ce navigateur par défaut en installant l'extension uBlock Origin permet de naviguer sur Internet sans charger les publicités et autres cochonneries. Sachant que les publicités peuvent représenter jusqu'à 25% du poids d'un site, ça fait 25% de data économisées ! Google Chrome a déclaré ne plus vouloir laisser les bloqueurs de pub travailler : laissez-le tomber.

2 - Installez Blokada

Blokada permet d'aller plus loin encore qu'avec Firefox en bloquant les échanges permanents de votre téléphone avec l'extérieur. Le coté smart de votre phone, ça se dit pour les choses qu'il balance à Internet, absolument pas pour sa capacité à utiliser des logiciels.
Avec Blokada, les applications que vous avez ne pourront plus aller pomper votre forfait 3G sans votre accord.

3 - Supprimez les applications inutiles

Vous lisez, disons, la presse en ligne ? Supprimez tout de suite leurs applications mobiles et optez pour les PWA. Késako ? Votre téléphone est parfaitement capable de créer une application à partir d'un site web. C'est ça, une Progressive Web App : c'est créer une application LeMonde sans installer l'application du même nom. Dans 99% des cas, les applications n'apportent rien et bouffent votre data pour envoyer des statistiques aux entreprises partenaires. En allant sur ces sites avec Firefox, une petite maison avec une croix à l'intérieur va apparaître : en cliquant dessus, vous installez votre application, économique celle-là. Trop facile.

4 - Supprimez les applications Google

Si vous découvrez maintenant que les applications de Google consomment de la data alors que vous ne vous en servez pas, il est temps de sortir de votre grotte ! Que ce soit Mail, Maps, Docs ou les autres, elles communiquent en permanence avec les serveurs d'Alphabet, consommant votre data, épuisant votre batterie alors que vous n'avez rien demandé.
Prenez un peu de temps pour nettoyer votre téléphone et vous sauvegarderez de la data et de la batterie ! Il existe un paquet d'applications effectuant les mêmes tâches, sans siphonner votre forfait 4G.

5 - Désactivez les services inutilisés

Vous avez sans doute pris l'habitude de laisser le Wifi, le Bluetooth ou encore le GPS activés ? Désactivez tout ça quand vous n'en avez pas besoin. Avec le Wifi actif loin de votre boxe, votre téléphone, perdu, essaiera de se connecter à tous les réseaux qu'il va croiser, en suçant votre batterie. Idem pour le Bluetooth. Pour le GPS, c'est encore pire : il vous géolocalisera tout le temps pour répondre à la curiosité des applications que vous traînez. Dégagez tout ça !

6 - Streaming, Réseaux sociaux

Est-ce que vous vous êtes déjà demandé combien vous coûtent les applications de streaming musical ? Perso, au rythme de 4 ou 5 albums que j'ajoute à ma collection par an, j'ai de quoi écouter de la musique d’excellente qualité pour 70€ l'année. Le truc magique ? Prenez 5min pour copier/coller votre collection dans la carte SD de votre téléphone.
Les réseaux sociaux ? Vraiment ? On en parle ? L'application Facebook pompe jusqu'à 20% de votre batterie. Twitter ? Vous utilisez encore ce truc à la con ? Viendez sur Mastodon, plutôt.

7 - Installez une ROM alternative

Les constructeurs et vendeurs bourrent votre téléphone d'applications lamentables : des applications qui fonctionnent sans rien vous demander tout en massacrant votre 4G et votre batterie.
Pour vous débarrasser de façon radicale de toutes ces cochonneries, pensez à aller voir du côté de /e/OS : si votre téléphone est compatible, tentez votre chance et essayez-le ! Vous pourrez toujours installer des applications du Playstore, mais uniquement celles que vous voulez, ce coup-ci !

Enfin voilà. Prenez le temps de faire du ménage, de reprendre le contrôle du machin que vous laissez dans la poche et vous serez plus heureux.

Dons : Diffu et Mobilizon

Rédigé par dada / 05 juillet 2019 / Aucun commentaire


Il est clair que les temps sont durs pour un paquet d'entre nous. C'est un fait. Ça me gêne donc un peu de parler des dons modestes que je viens de faire. Malgré ça, l'envie de soutenir ces deux projets me pousse à griffonner quelques lignes dans ce blog. Qui sait ? Vous connaissez peut-être des gens avec quelques euros à offrir à la communauté.

Mobilizon


Quand ce billet sera publié, il restera 4 jours pour continuer à soutenir ce nouveau projet de Framasoft. Après Peertube, les libristes français se secouent pour nous pondre une solution fédérée à tous les outils de gestion d'événement que l'on croise trop souvent. Ils espéraient atteindre les 50 000€. Finalement, c'est plus proche des 60 000€ qu'ils clôtureront la campagne. Bien joué, les amis !

Diffu


Ce projet vient de lancer une campagne de financement pour espérer atteindre les 7 000€. Il a pour but de réaliser une plate-forme de blog/rédaction fédérée que je trouve à la fois belle et bien pensée. Il sera évidemment compatible avec les Plume, Write.freely et autre. C'est l'entreprise libre Befox qui est en charge de sa réalisation. Bref, j'aime l'idée, le projet et l'esprit portés par l'équipe : j'ai donné.
Enfin voilà. Je tenais à parler de tout ça. C'est fait. Le fédiverse s'étoffe : plus on sera de fous, plus nous seront fous ! Aidez ce beau monde et, surtout, rejoignez-nous !

Des bisous

Le Fédiverse pour les Nuls

Rédigé par dada / 10 mai 2019 / 8 commentaires



Le Fédiverse ?

Fédiverse est un mot-valise issu de l'association de deux idées : fédération et univers. On imagine donc que Le Fédiverse est une fédération regroupant un certain nombre de services. Vous trouvez cette histoire de fédération un peu vague ? Pourtant, vous en connaissez, des grandes fédérations : les États-Unis, la Suisse ou encore l'Inde. Ces pays sont composés de plus petites structures, que ce soit des États pour les USA et l'Inde ou des Cantons pour la Suisse. À l'intérieur de l'État fédéral, ces petites structures se mettent d'accord pour vivre ensemble malgré leurs différences et particularismes.

Comment ?

Si nous filons cette histoire de Fédération, il faut trouver qui est l'État fédéral et quelles en sont les petites structures qui le composent, non ? Allons-y !

L'État fédéral

Pas d'État fédéral chez nous, juste une histoire de langue commune : l'ActivityPub. Ce nom étrange désigne le moyen de communication commun utilisé par les petites structures du Fédiverse. Les amerloques parlent anglais, les membres du Fédiverse parlent ActivityPub. Les membres de la fédération se parlent en utilisant ce truc que les techniciens n'appellent pas langue mais API.

Les petites structures

Le Fédiverse est composé d'une multitude de serveurs. Ces serveurs sont des ordinateurs dédiés à une simple tâche : faire tourner un logiciel parlant l'ActivityPub. Ces logiciels peuvent être Mastodon, Pixelfed, Peertube ou encore Prismo. Ce faisant, ils deviennent ce qu'on appelle des instances. L'appellation instance recouvre ces histoires de serveur et de logiciel.

Une instance ?

Ces instances sont les petits bouts de l'État fédéral. Elles sont indépendantes tout en étant d'accord pour fonctionner sur les principes communs qu'établit ActivityPub.

Une instance est principalement composée de 3 choses :
  • un nom
  • un logiciel du Fédiverse
  • une équipe de modération
Dans le cas de mon instance Mastodon, elle s'appelle diaspodon.fr, elle fait tourner Mastodon et nous sommes deux à la gérer :
Cela suffit à en faire un bout du Fédiverse. En vous créant un compte à travers diaspodon.fr, vous entrez dans le monde merveilleux du Fédiverse.

Le fonctionnement

Pour comprendre le fonctionnement du Fédiverse, il faut pouvoir le comparer à quelque chose. On va s'amuser à comparer la vie d'un message sur les vieux réseaux (Facebook, Twitter, Instagram, etc) et dans le Fédiverse.

Un message

Chez les anciens, voici en gros, ce qui se passe quand vous publiez un message :
  1. Vous publiez un message
  2. Il est analysé
  3. Sa pertinence est évaluée
  4. Il sera affiché en fonction de sa pertinence
Dans cet ancien monde, un message n'est jamais affiché sous le nez de la totalité des utilisateurs. Il passera systématiquement par les fourches caudines d'un algorithme avant de débarquer quelque part. Certains le verront dans leur timeline, d'autres non.

Un message envoyé dans le Fédiverse n'est pas soumis à l'étape pertinence. Un message publié est un message publié pour l'intégralité des utilisateurs connus de votre instance. À condition d'avoir décidé de le partager publiquement. Si c'est privé, c'est privé.

La découverte

Les utilisateurs connus, vous dites ? Oui. Le Fédiverse étant un réseau décentralisé et en constante croissance, il vous est techniquement difficile de toucher tout le monde. Vous allez arroser large, rassurez-vous. Point de pertinence, certes, mais pas d'interaction systématique entre tous les utilisateurs. Je m'explique :
  • Une instance connaît naturellement tous ses utilisateurs
  • Un utilisateur connaît tous les utilisateurs de son instance
Pour interagir avec les membres d'une autre instance, il faut fatalement les connaître.

Une façon simple de comprendre cette notion est d'imaginer le Fédiverse comme un monde à explorer dans lequel chaque utilisateur peut découvrir un bout du globe et ainsi le partager à ses amis. Plus les gens échangent entre eux, plus la carte est précise. Du bouche à oreille, en gros.
Pour les joueurs de RTS en multi, on peut expliquer ça comme une sorte de brouillard de guerre qui disparaît au fur et à mesure que les copains avancent leurs unités.

Local, global.

Par exemple, dans Mastodon, cette histoire est illustrée par 2 notions :
  • le fil public local qui regroupe les messages des utilisateurs de votre instance.
  • la fil public global qui regroupe les messages des comptes découverts par les utilisateurs de votre instance.
Ça peut paraître compliqué à cerner mais ces notions n'ont d'intérêt que si vous décidez de créer votre propre instance. En en rejoignant une existante, vous n'aurez pas grand chose à faire. Au pire, vous vous laissez porter par son activité, au mieux, vous enfilez le chapeau d'Indiana Jones et tentez de découvrir les rares comptes qui vous échappent.

Mes comptes dans le Fédiverse

Une erreur à ne pas commettre serait de croire que tous les services du Fédiverse sont accessibles depuis un seul et unique compte.
Si vous voulez vous servir de Mastodon, il vous faudra un compte Mastodon, si vous voulez publier des photos dans Pixelfed, il vous faudra un compte Pixelfed, etc.
Par contre, les interactions ne demandent pas d'avoir un compte dans chacun des services. Voyez par vous-même en allant lire les commentaires de cette vidéo postée dans une instance Peertube : les commentaires proviennent de plusieurs endroits différents (Mastodon, Peertube, etc).

C'est là qu'on découvre le plaisir d'être dans ce monde merveilleux : imaginez une seconde pouvoir commenter une vidéo Youtube depuis votre compte Facebook ou Twitter ? Chez eux, c'est mort, chez nous, c'est naturel.

Les poids lourds ?

Maintenant que vous voyez un peu à quoi correspond le Fédiverse, parlons rapidement des poids lourds. Je vais vous faire ma liste des services qui m'intéressent. Il y en a plein d'autre mais comme je ne m'en sers pas, je ne vais pas en parler.

Mastodon

Masto, c'est le patron du Fédiverse. Vous en avez sans doute entendu parler puisqu'il revient régulièrement dans la bouche des journalistes qui commentent l'actualité calamiteuse autour de Facebook ou de Twitter. C'est une alternative à Twitter fiable, efficace et qui fait du bien à votre vie privée.

Pixelfed

Lui, c'est encore un petit jeune. Même s'il a fêté sa première bougie récemment, c'est une belle alternative à FacebookInstagram. Tout n'est pas encore parfait, mais comme j'en suis fan, je vous en parle.

Peertube

Le patron francophone du Fédiverse. C'est une superbe alternative à Youtube, de temps en temps utilisé par des youtubeurs quand une vidéo est éjectée de Youtube, mais pas seulement. Mention spéciale pour les instances de Datagueule, de Thinkerview ou encore Skeptikon.

Les limites

Le Fédiverse est un monde merveilleux dans lequel beaucoup de choses sont permises, mais pas toutes. Mastodon est actuellement le cœur de ce monde. De fait, beaucoup de services s'articulent autour de lui. Ils restent indépendants, il ne faut pas en douter, mais seul Mastodon permet actuellement d'interagir avec tout ce beau monde.

Ci-dessous, un même message Pixelfed vu chez Mastodon et chez Pixelfed.
    

Dans ce cas, l'image provenant de Pixelfed arrive bien dans Mastodon. L'inverse n'est pas vrai : une image postée dans Mastodon n'arrivera pas dans Pixelfed. De même que vous ne pourrez pas commenter un message provenant de Mastodon avec votre compte Prismo.

Comment y entrer ?

Bref. Ces petites exceptions sont assez nombreuses. Votre participation au Fédiverse sera conditionnée par l'activité que vous allez y avoir. Partagez des photos ? Mastodon ou Pixelfed ! Publiez des vidéos ? Peertube ! Prenez bien le temps de réfléchir à ce que vous voulez y faire.

Prenez aussi le temps de réfléchir à la situation de l'instance que vous allez choisir : la bonne idée est de choisir des instances gérées par des associations connues ou par des personnes qui sont actives dans le milieu.
Rien ne serait plus frustrant que d'arriver quelque par pour voir le serveur et son compte disparaître sans raison quelque semaine plus tard.

Je m'arrête là. Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur la nature fédérée du Fédiverse mais ce billet deviendrait trop long. Je ne peux que vous encourager à venir partager des infos, des photos ou encore des idées dans le Fédiverse. On n'a plus le temps de tout lire, mais on en veut encore.

Des bisous