Blog de dada

DevOps, bidouilleur et routard plein de logiciels libres

Attention, ce billet se traine depuis plus de 3 mois. Les informations qu'il contient ne sont peut-être plus à jour.


Senya répond à mes questions après le succès de sa campagne de financement participatif

Rédigé par dada / / 3 commentaires





J'ai honte. Cela fait un mois que Senya m'a fait le plaisir de répondre à mes questions et c'est seulement maintenant que j'en sors la traduction. J’espère que vous apprécierez autant que moi les réponses à ces quelques bafouilles. Le texte orignal en anglais est disponible par ici (en).
La campagne ayant commencé, vous pouvez suivre son aventure via ce tag.

Commençons par une présentation classique. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi ?

Je m'appelle Senya et je suis un développeur de logiciels russe. Je fais aussi de l’activisme en aidant les utilisateurs de logiciels libres autour de moi tout en en faisant la promotion. J’ai 25 ans. J’ai commencé à coder à 14 ans et j’ai dégoté mon premier travail en tant que développeur junior à 17 ans. Il y a un an, j’ai quitté le développement commercial pour me dédier, ou du moins essayer de me dédier, au logiciel libre.

Comment as-tu entendu parler du projet diaspora* ?

Si je ne me trompe pas, j’ai tout d’abord entendu parler du projet dans un magazine en ligne dont je ne me souviens plus du nom. C’était un test d’alternatives open sources de réseaux sociaux. Plus tard, j’ai commencé par réfléchir aux moyens de diminuer ma dépendance à vk.com, le réseau social « national » russe qui s’impose dans l’ancien bloc soviétique. Je voulais pouvoir partager et m’informer sans ce vk.com, à l’aide d’une plate-forme libre.
Je me suis alors souvenu du projet diaspora* que j’ai réessayé. Il comble mes besoins : il m’apporte un flux de nouvelles exportable en ATOM.

Es-tu un utilisateur actif de diaspora* utilisant le pod d’un podmin ou es-tu un poweruser gérant toi même ton propre pod ?

Non, je n’ai pas mon propre pod. J’utilise socializer.cc (Merci Nico Suhl !). J’étais d’abord un utilisateur et c’est plus tard que je suis devenu un contributeur. Je continue encore à me servir du même compte. Je n’envisage pas de mettre en place un pod à moi pour le moment.

Diaspora* est assez connu en Allemagne et en France. Le projet a commencé aux USA. Quel est son état en Russie ?

En fait, il n’est pas très connu. La communauté russe de diaspora* est plutôt petite. Malgré ça, il existe tout de même le pod russiandiaspora.org et quelques autres. A vue de nez, il n’y a pas plus 200 utilisateurs actifs par mois. De temps en temps, je rencontre des gens qui connaissent le projet parce qu’il est connu (mais pas populaire). Ceci-dit, je ne connais physiquement quasi personne de mon flux.

Tu t’es lancé dans une campagne de crowdfunding pour bosser à temps plein sur ce projet. Comment t’es venue cette idée ?

D’une certaine façon, c’est pour moi une preuve de concept pour voir si je peux travailler en tant que développeur payé sur un projet qui n’est pas d’essence commercial. Depuis mes débuts, je suis un défenseur des logiciels libres. Aujourd’hui, les logiciels libres sont largement utilisés par des entreprises commerciales pour différents buts. Mais, au final, ça aide les patrons à gagner de l’argent. Aujourd’hui, nous avons des systèmes d’exploitation libres bien foutus mais ils sortent la tête de l’eau principalement via l’intérêt qu’a le secteur commercial dans son développement. J’aime l’idée d’une communauté d’utilisateurs qui embauche un développeur pour améliorer les outils dont elle a besoin. Ainsi, c’est un mouvement qui vient de la base et c’est super ! La technologie s’améliore sans les fonds ni l’intermédiaire de quelqu’un de riche qui influerait sur son développement à son profit, bien plus que pour l’intérêt général, la justice sociale et un monde en paix.

Quels sont tes objectifs ? Tu penses que ce projet aura un bel avenir ou va-t-il rester un réseau social de geeks ?

Tout de suite, mon principal objectif est de faire mon travail le plus rapidement et le mieux possible. J’ai reçu un soutien financier, la communauté m’a supporté et a confiance en moi : c’est à mon tour de faire de mon mieux.
Je crois que diaspora* et le principe de la fédération ont un grand futur. Depuis des dizaines d’années, Linux et l’Open Source ont été en quelque sorte marginaux mais maintenant, Microsoft s’y met. L’astuce pourrait marcher une fois de plus. L’Open Source donne les moyens d’adapter le logiciel à ses propres besoins. J’ai contacté un groupe de personnes qui ont travaillé en tant qu’aide technique pendant la manifestation des conducteurs de camions en Russie. On m’avait dit qu’ils avaient à l’esprit de faire un réseau social pour les conducteurs dans lequel ils pourraient avoir confiance. Ils sont prêts à se baser sur de l’existant plutôt que de tout refaire depuis le début.
Aussi, diaspora* apparaît dans quelques niches : le réseau social pour geek/nerds, comme tu dis. Il comble les besoins en matière de respect de la vie privée, d’informations technologiques et de discussions. C'est aussi une zone de partage pour gauchistes. Diaspora* attire les gens à l’état d’esprit idéaliste. En partant de ces niches, la fédération pourrait atteindre le moment où elle commencerait à atteindre un public plus large mais ça n’arrivera pas sans amélioration du logiciel et c’est là que je veux aider.

Je pense aussi que le futur d’un web fédéré doit reposer sur une diversité de logiciels. C’est aussi pourquoi nous devrions nous orienter vers la standardisation des protocoles propulsés par l’open source. Les outils de médias/réseaux sociaux peuvent bien être implémentés d’une douzaine de façons différentes mais s’ils se servent du même protocole, leurs utilisateurs pourront communiquer les uns avec les autres malgré leurs désaccords « idéologiques ».

Un exemple, pour le moment théorique, serait l’implémentation du logiciel des pods qui n’utiliserait pas du tout de JavaScript, ce qui est logique puisqu’il est difficile de contrôler ce qui est exécuté sur son ordinateur quand le JS est activé. A cause de lui, actuellement, nos ordinateurs dépensent une quantité considérable de ressources pour nous afficher de la publicité. La fédération pourrait aider un groupe de personnes avec ce genre de point de vue à rester en contact avec ceux qui ne le partagent pas. Plus globalement, la fédération pourrait délier le contenu des échanges via réseaux sociaux des outils qu’il faut utiliser. Et c’est franchement génial.

Tu commences une période de trois mois de travail à temps plein. A la fin, tu envisages de recommencer à travailler pour le projet ?

On verra bien. Ça dépend du résultat de ce projet. Le retour de la communauté et de l’équipe de développeurs est important pour moi.


Merci encore pour tes réponses Senya !

3 commentaires

#1  - Cascador a dit :

Hello,

Merci pour le partage.

l’était --> l'état d'esprit
nous devrions s’orienter --> nous devrions nous
activé, A cause --> activé. A cause
de développeur --> de développeurs non ?

Tcho !

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#2  - dada a dit :

Corrigé, merci !

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#3  - Adam a dit :

Hâte de voir le résultat !

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