Blog de dada

DevOps, bidouilleur et routard plein de logiciels libres

Birdwatch ou l'illusionisme

Rédigé par dada / 26 janvier 2021 / 2 commentaires


J'apprends la création de Birdwatch par Twitter. Il s'agirait d'un outil communautaire permettant d'améliorer grandement la lutte contre l'intox, ou les «fake news» comme on dit maintenant.

J'entends déjà les gens dire que c'est top : un outil communautaire, ça sonne bien. On dirait un truc à la Wikipédia ou à la sauce logiciel libre. Vous voyez, ces endroits dans lequel le jus de cerveau collectif permet, globalement, de lutter contre la bêtise.

Oui, mais non

On ne peut pas lutter à contre-courant d'un modèle économique. Il faut bien se mettre ça dans le crane une bonne fois pour toutes. Si vous voulez lutter contre l'intox ambiante, faut lutter contre les mécanismes qui la déclenchent.

L'argent que se fait Twitter provient de la pub que vous gobez benoîtement en traînant sur votre flux d'activité. Ce flux est alimenté par des tweets provocants, clivants, haineux, vulgaires, etc, pour vous appâter.

En vrai, Twitter s'en contrefout de la véracité d'une information ou de sa dangerosité. Trump a déblatéré des conneries pendant plus de 4 ans, des appels à la haine sont légions.

Je suis prêt à parier que Birdwatch va fonctionner suffisamment bien pour faire parler de lui de temps en temps. Sauf que rien ne nous prouvera qu'il sera affiché sur tous les tweets scandaleux qui pullulent sur cette plateforme commerciale.
Vous avez entendu parler du phénomène de bulle ? Qui pourra participer à la lutte contre l'intox si sa bulle l'empêche de militer ? Le bon vouloir de Twitter Inc.
Je vois déjà la communication de réseau se protéger en se fendant de billets blog pour expliquer qu'ils vont renforcer les équipes, trouver des gens dans toutes les langues et faire des retours d'expérience internes. Hop, scandale écarté.

Fuyez, pauvres fous

Il faut fuir. Celles et ceux qui vous disent que c'est impossible doivent encore se servir de MSN pour discuter et continuent de publier sur leur Skyblog ou Myspace.
Si tout changer est un problème ? Bien sur. Un problème on ne peut plus important est de n'alimenter que ce réseau. Et non, Facebook n'est pas plus viable.

Prenez le temps d'aller chercher votre CHATONS. Il vous proposera un compte dans le Fédiverse et peut-être même un espace PeerTube.

Prenez le temps de vivre sans algorithme issue de l'Économie de la surveillance pendant quelques temps.

On n'est pas rendu

Rédigé par dada / 14 janvier 2021 / 7 commentaires


Non, on n'est clairement pas rendu.

En ce début d'année 2021, le moins qu'on puisse dire, c'est que le numérique à la con continue de faire des siennes : Twitter, Facebook, YouTube et les vieux de la veille que j'oublie.

Je vais vous étonner : je suis persuadé que les choses ne vont absolument pas changer.

Twitter

On retrouve toujours le même microcosme sur Twitter, qui hurle contre Twitter sur Twitter quand Twitter modère tout en en profitant pour perfectionner son personnal branding sur Twitter.
Comment voulez-vous que les choses évoluent si les gens ne prennent pas en compte que le canal de communication qu'ils abreuvent n'est pas leur ami ?
Ici et là, on s'amuse à lire que Twitter est une plateforme inévitable pour s'en sortir dans la vie. J'ai retrouvé une info d'il y a seulement 5 ans qui nous rappelle que Twitter était mourant, y'a 5 ans. On parle d'une entreprise, crée en 2006, qui était au bord du gouffre en 2015.

Facebook

L'affaire WhatsApp est rigolote.
On se retrouve avec des utilisateurs de WhatsApp qui se rendent compte, encore une fois, que le modèle économique de Facebook Inc., le nom complet de WhatsApp, consiste à relier, croiser, analyser toutes les données possibles et imaginables de ses utilisateurs. C'est dingue. Vraiment. On en apprend tous les jours. Tristement, c'est sur Twitter qu'un milliardaire, qui pond des bagnoles dont les
batteries sont des horreurs écologiques, lança un mouvement de foule vers Signal. Signal dont le système est hébergé aux États-Unis, soumis au droit étasunien, et tout le tralala. On va rire.

YouTube

Alphabet, la maison-mère de YouTube, se donne le droit d'afficher de la réclame devant les vidéos de créateurs sans leurs accords, s'en mettant plein les poches sur le dos des gens qui font des trucs chouettes, ou moins chouettes.
Vous vous attendiez à quoi avec l'apparition des uTip, des Tipeee, des sponsos, etc ? Google ou Alphabet, ou YouTube ont un modèle économique fragile à tenir : il faut que l'argent rentre et toujours plus de croissance. Ils vous pompent votre argent et quand vous trouvez des alternatives financières, ils se rebiffent.

Amazon

Les progrès de la robotique s'annoncent épatant tout comme la tête des maires qui verront les entrepôts pourvoyeurs de milliers d'emplois se remplir de robots et se vider d'humains. Ils auront achevé leurs commerçants et leurs régions avec une simple signature sur un bout de papier.

Perso, je fatigue

Il existe une palanquée de gens qui s'organisent pour créer des outils permettant d'éviter toutes les emmerdes citées plus haut. Des outils pour contribuer au vivre ensemble et pas vider le plus possible les poches du voisin.

Pourtant, ça n'avance pas, pour seulement quelques raisons :

- Nos outils ne vous permettent pas de briller en société. Non, vous ne pourrez pas raconter le dernier ramdam dont vous êtes le héros ou la fois où vous avez trouvé le hashtag qui va bien et qui trend.
- Nos outils ne vous rapportent pas d'argent. Pire, ça vous coûtera de l'argent.
- Nos outils ne sont pas faciles d'accès. Non, malgré nos lettres à Poudlard, appréhender des outils, ça demande du temps et de la patience.
- Oui, vous allez partir. Notre modèle économique inexistant n'aidant pas, nous n'avons pas l’obligation impérieuse de vous captiver, de vous noyer devant des conneries. Du coup, vous partez. Et c'est très bien comme ça.

2021 ne s'annonce pas fameuse. Je pense que le temps joue contre moi : c'est l'année des 10 ans de ce nom de domaine. Je fatigue.


Bref. Des bisous quand-même.

Le Blog de dada en 2020

Rédigé par dada / 28 décembre 2020 / 4 commentaires


Comme en 2019, je vous propose de faire le tour rapide des statistiques que mon Matomo a récolté tout au long de l'année.

Cette année encore, j'ai testé différentes configurations de Matomo : les statistiques vont être un peu surprenantes mais ça devrait aller.

Les navigateurs

Comme depuis des années maintenant, c'est Google qui devance Mozilla. Ça me brise le cœur. En 2019, dans cette même section, je pointais vers un lien qui décrit le comportement scandaleux de Alphabet, la maison-mère de Google, en espérant que les gens ne se laisseraient pas faire : faut croire que ça ne sert pas à grand chose.

Les systèmes d'exploitation

GNU/Linux et Windows sont à égalité : 23% des visiteurs chacun. L'année dernière, j'avais des traces d'Android. Elles ont disparu : va savoir où ?

Les moteurs de recherche


Un commentaire ? Avec Qwant qui a énormément fait parler de lui en 2020, on peut clairement se dire qu'ils ont réussi leur coup. Ils ont presque rattrapé DuckDuckGo.

Les réseaux sociaux


56% pour Twitter, 39% pour Facebook et des miettes pour les autres. Classique.

Le top 3 des articles


Aucun billet de 2020 n’apparaît dans ce top 3. Autant dire que ce que j'ai pondu en 2020 n'a pas vraiment trouvé son public. Faut dire que la situation était exceptionnelle pour tout le monde.

Plus de chiffres

Matomo compte pas moins de 128 000 visites.
J'ai réussi à pondre 10 billets.
Vous avez pondu 52 commentaires.

Mais encore

J'ai passé bien plus de temps à maintenir la diasposphère qu'à publier des articles dans ce blog. C'est sans doute une histoire de virus en forme de couronne qui a bouleversé le rythme de pas mal de gens. Entre le confinement et la dérive complète des conspis de tous bords, mon activité sur les réseaux a pris le pas sur la rédaction de tuto pour faire du monitoring.

En 2020, j'ai mis en ligne une instance Peertube et une instance Mobilizon en plus de Pixelfed et Mastodon. Le Fédiverse se développe, évolue, gagne et perd des gens. Moi, j'y crois, j'y fais ce que je veux avec les copains. On vous y attend en 2021 !

On est bon pour 2020. On se retrouve en 2021 !

Classé dans : / Mots clés : aucun

De l'alerting à base de logs v2

Rédigé par dada / 06 novembre 2020 / Aucun commentaire



À l'époque, mi-février 2020, je découvrais les pipelines de Promtail, une façon rudimentaire de parcourir des logs, d'y chercher ce qu'on veut et de déclencher une alerte si besoin. C'était ma v1 de l'alerting à base de logs.
Dans les faits, ça marche bien, mais ce n'est pas vraiment simple à mettre en place et ça demande des bidouilles pas possible quand on commence à vouloir trifouiller dans des choses plus complexes, comme Docker.

Il y a quelques semaines, j'ai découvert qu'il y avait un moyen encore plus simple et mieux intégré pour faire de l'alerting avec Grafana / Loki / Promtail : Loki lui-même.

Configurer Loki comme Datasource de type Prometheus

Si vous avez l'habitude de jongler avec toute cette stack, le titre de cette partie devrait vous faire tilter. C'est pourtant ce qu'il faut faire : pour Grafana, Loki va se la jouer Prometheus.


En version texte :
  • Name : ce que vous voulez
  • URL : http://localhost:3100/loki
Dans la partie Explore de Grafana, vous deviez maintenant avec PromLoki comme Datasource :


Et c'est à partir de maintenant qu'on peut commencer à jouer !

Créer un panel lié à une alerte

On va s'amuser à créer un panel pour analyser les logs qui nous intéressent.

Notez qu'on a bien choisi PromLoki comme datasource.


Dans mon exemple, ce sont les logs de Pixelfed que je veux parcourir pour pouvoir agir en cas de production.ERROR :
count_over_time(({hostname="pixelfed"} |= "production.ERROR")[1m])
Maintenant qu'on sait ce qu'on cherche, on va configurer les règles qui déclencheront les alertes.


Dans les Rules :
- Choisissez un nom.
- On évalue toute le 10s

Dans les conditions :
- When : on fait la moyenne en choisissant avg()
- Of : cliquez sur les variables entre les virgules pour préciser vos réglages
- Above : ici, j'attends plus de 3 occurrences pour déclencher une alerte

Si vous avez le coup d’œil, vous avez remarquez que les deux captures d'écran présentées ci-dessus ont une ligne rouge : c'est la limite de tolérance de l'alerte. En dessous, tout va bien, au dessus, c'est la fin du monde.

Recevoir les alertes

Maintenant que vous avez la possibilité de déclencher alertes, il faut les recevoir d'une façon ou d'une autre. Grafana peut se brancher à un paquet d'outil, de Telegram à Elements en passant par Discord et l'Alert Manager de Prometheus voire Grafana llui-même: faites votre choix !


Perso, je me sers de mon AlertManager, il me noie sous les mails en cas de souci et c'est très bien comme ça !


Contrôler son GPU avec radeon-profile

Rédigé par dada / 05 octobre 2020 / 3 commentaires


Contexte

Parmi mes dernières mésaventures, il y a l'incapacité de mon Ubuntu 20.04 à correctement gérer la ventilation de ma RX 590 XFX.  Il s'agit d'une carte graphique plus ou moins récente de chez AMD.

J'avais jeté mon dévolu dessus lors d'une promotion quelconque après la lecture d'un papier racontant que, maintenant, sous GNU/Linux, c'est AMD/ATI qui fonctionne le mieux avec - en bonus - des pilotes libres.

Enfin, c'était avant qu'elle achève ma vieille alimentation sous-dimensionnée et que je précipite la fin de vie de mon ancien CPU avec un coup de tournevis fort mal placé lors de l'installation du système de refroidissement sensé lui permettre de survivre encore quelques années au poids des applications modernes.

Bref, des mésaventures, je vous dis.

Radeon-profile, c'est quoi ?

Déjà, il s'agit d'une application libre que vous pouvez trouver par ici.

Elle permet :
  • de monitorer sa carte graphique (fréquence, voltage, température, vitesse des ventilateurs, etc).
  • de contrôler les ventilateurs.
  • d'overclocker son matériel.
  • de définir des profiles en fonction des éléments cités précédemment.
En gros, ça fait le café.

Installation

Si vous êtes sous Ubuntu, vous allez être contents, il y un PPA :
sudo add-apt-repository ppa:radeon-profile/stable
sudo apt update
sudo apt install radeon-profile

Si vous utilisez une autre distrib', je vous redirige vers la doc pour compiler la chose.

Mon usage

Mon Ubuntu n'étant pas foutu de correctement contrôler les ventilo de la chose, j'utilse radeon-profile pour définir une vitesse de rotation en fonction de la température de la bête. Ça donne ça :


On peut voir que j'ai créé 9 paliers qui me permettent de garder la carte au « frais » en fonction de la température. Joli, non ? Je ne vous cache pas que je n'ai pas encore trouvé de cas dans lequel ces paliers sont pertinents.
En fait, je passe souvent du « elle ne fout rien » à « elle est utilisée à fond ». Y'a pas vraiment d'étape entre les deux, ou rarement.

En vrai, vous pouvez simplement vous servir de la configuration par défaut de l'appli et ça roulera tout seul. Vous passerez juste d'un bureau silencieux aux environs de la BA 113, sans profiter de la « douce » augmentation du volume.

Bref

Cet utilitaire m'a clairement sauvé la mise. Avant de tomber dessus, je commençais à tristement me dire que le sort s'acharnait et que j'allais devoir ravaler les velléités de joueur occasionnel.