Blog de dada

DevOps, bidouilleur et routard plein de logiciels libres

Technologie

La Brique Internet : libérer sa connexion simplement

Rédigé par dada / 07 avril 2015 / 6 commentaires


Les lorrains de la LDN, Lorraine Data Network, nous parlent de leur dernière création : la brique internet.

Il s'agit d'un boîtier à brancher à sa box (ou téléphone !) pour déployer une connexion VPN directe vers les serveurs de l'association membre de la FFDN de votre choix. Avec ça, on passe outre les atteintes à la neutralité du net (comme Free et Youtube), aux altérations du contenu et filtrages en tous genres (port 25).

En plus de vous faire passer tranquillement par un VPN digne de confiance, ce petit boîtier peut vous servir d'outil principal d'auto-hébergement puisqu'il se sert de YunoHost.

La vidéo suivante est bien plus claire que ce que je viens de vous raconter :



Gardez en tête que cet outil n'est pas là pour vous offrir l'anonymat complet puisque les associations françaises restent soumises aux lois de l’État. Son but premier est de faire sauter les limitations inhérentes à la configuration malheureuse d'une box de FAI et de récupérer un internet neutre.

Ceci-dit, si vous vous branchez sur un VPN localisé dans un autre pays... voila.

[source]

Libriste à la recherche d'un boulot ou d'un stage ? Lolix v2 en approche

Rédigé par dada / 30 mars 2015 / 3 commentaires


Lolix.org... je lui en dois une à ce site. Si vous ne le connaissez pas, sachez qu'il s'agit d'un site de recherche et d'offre d'emplois, de stages, de missions et j'en passe, pour libristes. Tout ce qui se passe sur ce site gravite autour du libre. Quand vous êtes un extrémiste comme moi, lorsque vous cherchez de quoi bosser, vous passez par Lolix.org. Pour la petite histoire, c'est ce que j'ai fait il y a de cela quelques mois et j'ai trouvé ce que je voulais : une entreprise, du libre, des sous. Que demander de plus ?

Lolix, c'est aussi un site extrêmement moche. Y'a pas à chipoter, la version actuelle traîne une charte graphique qui donnerait une crise cardiaque au premier venu.



Les gars de Lolix sont au courant. C'est pour ça qu'ils bossent sur une v2 depuis de longs, très longs mois : 14 mois, après le succès de la campagne Ulule, que j'attendais des nouvelles !

Une démonstration de la nouvelle charte graphique est en ligne. Ce n'est pas fonctionnel, c'est juste là pour montrer l'état d'avancement du projet.



On note bien une incroyable amélioration, vous ne trouvez pas ?

Le boulot n'est pas fini, mais je trouve déjà le résultat très chouette. Si vous, développeurs ouebs et python-django, vous sentez motivés pour filer un coup de main, le dépôt Gitlab est ouvert à vos contributions et remarques.

Ce site mérite qu'on s'y attarde, qu'on s'en serve, qu'on l'apprécie. Il offre un vrai service impeccable. Faites passer le mot, utilisez-le et contribuez !

Encore merci Lolix ;-)

[Source]

ownCloud pour sa partie serveur pourrait laisser tomber le support de Windows

Rédigé par dada / 26 mars 2015 / 2 commentaires




La nouvelle va se répandre assez rapidement maintenant : ownCloud, le merveilleux outil qui permet de monter son informatique dans les nuages pourrait arrêter de supporter les serveurs sous Windows. On ne parle pas du client de synchronisation mais bien du serveur.

D’où je sors ça ? Des réseaux sociaux via le compte officiel diaspora* et plus particulièrement ce message. Au passage, remarquez que je vous transmets deux liens différents pointant vers le même contenu, la belle prouesse de ce réseau social.

Ce message, donc, est le suivant : Let us know what you run #ownCloud on: #Windows or #Linux and if on windows, could you move to Linux (like, in a VM or something) if Windows was no longer supported ?

En français : Dites-nous sur quoi vous faites tourner owmCloud : Windows, Linux et si c'est Windows, pourriez-vous passer à Linux (en VM ou autre) si Windows n’était plus supporté ?

Question simple mais il a quand même fallu que les responsables du projet précisent qu'elle ne concerne que la version serveur et rien d'autre. Sur diaspora*, il n'y a encore personne se réclamant de Windows, rien d’étonnant. Dites-moi si d'autres sur d'autres réseaux parlent de Windows, j'suis curieux.

Ca doit traîner dans la tète des dev' depuis pas mal de temps s'ils ont décidé de faire part de leurs états d’âme en public. D’après ce message, ils racontent que c'est une plaie de supporter le système d'exploitation de Redmond et que peu de gens s'en servent. Un abandon serait alors logique.

Je ne suis pas impartial : je me sers de GNU/Linux, je travaille avec GNU/Linux, je me détends avec GNU/Linux et c'est naturellement que je dis qu’abandonner Windows ne serait pas un mal. En plus, si on suit l’actualité de Microsoft, on se demande bien où sont les nouveautés côté serveur ? On parle beaucoup du bureau, des tablettes, des téléphones mais rien au sujet des serveurs.

...et le P2P redevient une technologie

Rédigé par dada / 20 mars 2015 / 1 commentaire


Des années, mais vraiment des années qu'on nous gave avec la confusion : échange pair à pair = piratage. Bon d'accord, son utilisation intensive dans le partage de fichiers pas vraiment légaux est un fait. Faut dire que c'est simple, rapide, efficace et super économique, tout ce que les plate-formes légales n'offrent absolument pas.

Quand j'annonce que le P2P redevient une technologie, c'est parce que c'est la première chose à laquelle j'ai pensé en lisant cet article sur le dépôt par Apple d'un brevet pour "légaliser" son utilisation. Ca m'avait fait tilter, mais pas plus. Apple bouffe une quantité dingue de données via iTunes, y mettre un peu de pair à pair dedans soulagera sans nul doute la facture. Le truc remarquable, c'est qu'on parle de P2P dans un cadre "légal".

C'est vraiment en lisant que Windows 10 pourra se servir de P2P pour diffuser ses mises à jour que j'ai sursauté. Nom d'une pipe, comme dirait l'autre, est-ce que ce système de partage serait de nouveau devenu une technologie et pas un moyen de piratage ?!

Faut croire que oui. C'est pas trop tôt.

Ces nouvelles remontent un peu le moral, et ça fait rire aussi. Avec les histoires de fournisseurs de bande passante qui veulent taxer/escroquer les entreprises qui bossent avec leurs tuyaux, le P2P a vraiment de beaux jours devant lui...

... mais aussi la HADOPI, qui va rigoler en voyant le trafic exploser !


Du libre en entreprise ? Non, pas encore

Rédigé par dada / 17 mars 2015 / 11 commentaires


Eh oui, je sais que ça va vous énerver mais que voulez-vous ? Depuis que je bosse dans une Digital Agency parisienne, je côtoie des gens qui vivent au quotidien les principes économiques du monde professionnel. Alors, pourquoi ne serait-ce encore possible de passer au libre ? Essayons de voir ça en quelques points.

Le contexte

Là où je bosse, ils vendent du libre, principalement de l'EZ Publish, du Drupal, de l’hébergement et d'autres choses que je connais moins. Les serveurs tournent sous Debian et l'ambiance est franchement pas mal.

Les licences logiciels, c'est pas cher

Alors, ils ne le disent pas comme ça, mais c'est un constat. Le coût des licences est marginal par rapport à celui de la masse salariale. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire attention, une dépense est une dépense et ça joue sur les résultats attendus en fin de mois. Le passage sous un environnement de travail libre n'est tout simplement pas une question de frais de licences : que ce soit les logiciels ou les systèmes d'exploitation. Ils payent des licences Windows, PHPStorm, VMWare, Google, Github, etc. Si on additionne le tout, ça ne pèse pas lourd quand on traîne presque une centaine de salariés.

S'auto-gérer

On pourrait penser que passer son infrastructure complète des services propriétaires à des services libres ou open source auto-hébergés serait une bonne idée. Pour le principe, ça l'est, mais, là encore, pas dans les chiffres. Utiliser les services de Google pour ses mails, ses agendas, le partage des fichiers, gérer les réunions et j'en passe ne coûte que peu d'argent. Il faut un homme ou deux pour les faire tourner et quelques euros pour passer des limites grands publics aux largesses du service professionnel.
Si on souhaite se servir des logiciels libres, ils faudrait bien plus que deux poilus pour les faire tourner, les maintenir et former les gens à leur utilisation. De plus, les services proprio se targuent d’être toujours disponibles, ou de ne pas rester en panne bien longtemps, sans coût pour ceux qui les utilisent. On n'entre pas dans le même cadre idyllique si son ownCloud crash (OC est un exemple) et qu'il faut réveiller le DevOps pour corriger la boulette qui a fait tomber l'organisation de la boite.
Si on parle des mails, c'est encore pire : avec toute la bonne volonté du monde, on pourrait avoir la meilleure installation possible mais rien n’empêchera Outlook, Gmail et les autres de vous balancer dans la corbeille de vos clients. C'est con quand même.
Note de consolation, la gestion des projets est faite via Redmine et ils envisagent Easy Redmine dans un futur proche.

La formation et l'habitude

Le truc qui me frustre le plus par sa réalité, c'est la conclusion d'une courte discussion que j'ai pu avoir sur l'adoption d'une distribution GNU/Linux pour les développeurs. Pour l'histoire, la majorité des gens bossent sous Windows et OSX. Pas moi, of course, mais en tant que DevOps, un terminal est un terminal. J'ai pas besoin de grand chose d'autre.
On se disait que ça serait chouette de virer les Windows pour mettre des Ubuntu. Simple, mais irréalisable. Les dev' ne sauront pas tous comment s'en sortir en cas de petits problèmes. Ils perdraient du temps, et le temps perdus, c'est foutu. Imaginez-vous dire à votre client que vous ne pouvez pas livrer à temps parce que la dernier mise à jour de l'OS des dev' à faire perdre des heures et des heures de taff. Mauvais, très mauvais délire.
On se rend bien compte ici de l'influence des habitudes, aussi mauvaise soient-elles, sur l’évolution d'une société. Les gens savent s'en sortir avec Windows alors on ne bouge pas. C'est tout. Un des derniers CommitStrip le résume très bien :


On peut malheureusement conclure que c'est un luxe de se servir d'outils libres pour les entreprises. En consolation, on peut se dire que ça sera peut-être possible dans plusieurs années, quand les développeurs sauront plus se servir de GNU/Linux et de son écosystème que des outils proprio et qu'ils se regrouperont pour s'en sortir. Vous allez me dire ça existe déjà, mais des exemples sont rares. En attendant, tant que je pourrais, je tenterais de pousser à l'adoption de solutions libres autant que possible !